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Polémique après des propos d'Eric Zemmour sur les musulmans

Eric Zemmour

Eric Zemmour - AFP

Dans un entretien accordé à un quotidien italien, passé inaperçu avant d'être mise en lumière par Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour fustige les musulmans de France. Des propos condamnés par le ministre de l'Intérieur. 

Une nouvelle polémique pour Eric Zemmour, très en vue depuis le succès du Suicide français, son dernier livre? Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné mardi "avec une extrême fermeté" les propos dans un quotidien italien d'Eric Zemmour sur les musulmans de France, le polémiste dénonçant un "emballement médiatique ne reposant sur rien". Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur "affirme son soutien aux musulmans de France odieusement attaqués et appelle tous les républicains à réagir et à manifester leur solidarité". 

Zemmour s'en prend aux musulmans

Dans un entretien au Corriere della Serra paru le 30 octobre, mais qui n'a un écho en France que depuis un post de blog publié le 15 décembre par le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour estime que les musulmans "vivent entre eux, dans les banlieues", que "les Français ont été obligés de les quitter". "Cette situation d'un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile", affirme-t-il, selon ses propos rapportés par le journal italien.

A la question "mais alors que suggérez-vous de faire: déporter 5 millions de musulmans français?", le polémiste répond: "Je sais, c'est irréaliste, mais l'histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 qu'un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d'Algérie pour revenir en France?".

Le mot "déporter" n'a pas été prononcé

Le journaliste italien du Corriere della Serra qui a interviewé Eric Zemmour, Stefano Montefiori, a reconnu mardi sur le site internet du Figaro ne pas avoir employé lors de l'entretien le terme de "déporter", qui a fait scandale, mais l'avoir ajouté en retranscrivant ses notes. "C'est un emballement médiatique et politique qui ne repose sur rien. Le mot 'déporter' n'a été prononcé ni par moi, ni par le journaliste comme il l'a reconnu très honnêtement", a minimisé Eric Zemmour dénonçant la "volonté de (lui) nuire". "Je regrette le drame qui va venir, je ne le souhaite certainement pas", a-t-il souligné Eric Zemmour à propos de ses craintes sur une éventuelle guerre civile en France, liée aux musulmans et à l'échec de l'intégration.

Pour le patron des députés PS, Bruno Le Roux, "il est temps que les plateaux télé et les colonnes des journaux cessent d'abriter de tels propos". A l'inverse sur BFMTV, l'élu UMP Eric Woerth a refusé de "condamner" les propos du polémiste. "Il a aussi droit de parler. Marre des polémiques de la gauche", s'est-il justifié.

Une plainte de SOS Racisme

Mais l'entretien dans le quotidien italien a aussi provoqué mardi l'indignation de l'Observatoire national contre l'islamophobie, qui dépend du Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance représentative de l'islam de France. "Ces propos viennent s'ajouter à une litanie de déclarations abjectes et sans fondement de ce prêcheur de haine patenté à l'encontre de l'islam et des musulmans", a jugé l'Observatoire. "Que font les pouvoirs publics devant le déferlement de tant de haine?", a-t-il demandé.

"A quand une déclaration du chef de l'Etat ou des membres de son gouvernement pour dire clairement que le combat contre l'islamophobie", comme celui contre l'antisémitisme et le racisme, "est une cause nationale?", poursuit l'instance musulmane dans un communiqué. Après une agression antisémite à Créteil, le gouvernement a réaffirmé début décembre sa volonté d'ériger la lutte contre le racisme et l'antisémitisme en "cause nationale". Pour sa part, l'association SOS Racisme a annoncé mardi qu'une plainte contre Eric Zemmour, notamment pour incitation à la haine raciale, devait être déposée à Paris en fin de semaine.

S.A. avec AFP