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Manuel Valls: "On ne s'improvise pas candidat à l'élection présidentielle"

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Le Premier ministre a réagi mercredi à la démission du gouvernement d'Emmanuel Macron.

La démission d'Emmanuel Macron de mardi a suscité de nombreuses réactions à droite comme à gauche. Manuel Valls ne s'était pas encore exprimé alors que les relations entre le Premier ministre et l'ancien ministre de l'Economie ont souvent été tendues. Le chef du gouvernement a profité mercredi de l'inauguration d'une école à Evry pour livrer son impression et lancer quelques piques à l'ancien locataire de Bercy.

"On ne s'improvise pas candidat à l'élection présidentielle", a-t-il lâché. "Je sais bien que nous sommes dans un moment où tout doit aller vite. Mais la France n'est pas n'importe quel pays, c'est la 5e puissance du monde. C'est la dissuasion nucléaire, c'est une diplomatie qui compte, ce sont des armées qui s'engagent au Sahel", a-t-il précisé.

"Il n'y a pas de place pour les aventures individuelles"

Le Premier ministre a rappelé le contexte tendu actuel avec la menace terroriste, le chômage, les grands défis de l'Europe, la crise des réfugiés et les enjeux climatiques. "Il faut servir son pays jusqu'au bout dans ces circonstances particulières", a-t-il estimé en mettant en avant l'importance de loyauté.

"Dans ces moments-là, on ne peut pas partir, on ne peut pas déserter", a lancé le chef du gouvernement. Avant d'ajouter, dans une autre flèche envoyée à Emmanuel Macron : "il n'y a pas de place pour les aventures individuelles, il n'y a de place que pour un combat collectif".

"J'ai reçu une mission et je dois la mener jusqu'au bout. Être loyal, ce n'est pas être entravé, c'est pouvoir agir, c'est pouvoir parler, c'est pouvoir dire ce qu'on pense. Je le fais quand il s'agit de parler de la nation, des valeurs de la République, de la laïcité", a encore insisté le chef du gouvernement. "La déloyauté, elle fait mal au collectif et la loyauté rend plus fort", a-t-il ajouté avant d'asséner: "moi, je sais d'où je viens, je suis socialiste". Une nouvelle allusion à Emmanuel Macron qui avait récemment fait valoir qu'il n'était "pas socialiste".

E. M. avec AFP