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Les écoles et lieux de culte juifs sous protection policière, annonce Cazeneuve

Le ministre de l'Intérieur en visite lundi matin.

Le ministre de l'Intérieur en visite lundi matin. - BFMTV

Alors que l'inquiétude grandit dans la communauté, le ministre de l'Intérieur en visite dans une école juive de Montrouge, a annoncé que 4.700 policiers et gendarmes étaient affectés, dès lundi, à la protection des écoles et lieux de culte juifs de France.

Le ministre de l'Intérieur a rendu visite lundi matin à l'école juive Yaguel Yaacov de Montrouge, commune de proche banlieue parisienne, où Amédy Coulibaly est suspecté d'avoir perpétré un attentat contre des policiers et tué jeudi matin une jeune policière. "En ce qui concerne les écoles et lieux de culte, j'ai décidé d'une protection puissante et durable, au terme d'une réunion avec le président de la République et le Premier ministre", a déclaré le ministre. Il a aussi indiqué que "4.700 policiers et gendarmes" étaient mobilisés pour protéger les "717 écoles juives et lieux de culte juifs de France". Le préfet Patrice Latron a aussi été nommé coordinateur de la sécurité des sites de la communauté juive.

10.000 soldats en renfort des 4.700 policiers et gendarmes

Des soldats seront envoyés en renfort dans les 48 heures a-t-il aussi indiqué. Le président François Hollande a ordonné la mobilisation de 10.000 militaires dès mardi soir pour assurer la sécurité des "points sensibles du territoire", a annoncé lundi le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, à l'issue d'une réunion sur la sécurité intérieure à l'Elysée.

A Marseille, où la communauté juive est nombreuse, les quelque 19 écoles juives de la ville feront l'objet de mesures de sécurité renforcées. Sur décision du préfet, des policiers armés de fusils mitrailleurs sont postés devant les écoles. Dans quelques jours, les 59 lieux de culte de la ville bénéficieront à la leur tour d'une protection accrue.

Le parents d'élèves "attendent des réponses"

A l'école juive de Montrouge Yaguel Yaacov, l'inquiétude après les attentats est palpable. "On a peur pour nos enfants qu'on dépose à l'école la boule au ventre, pour ne pas dire dans les larmes. C'est insupportable pour nous comme ça l'est pour chaque Français. On en a marre de vivre dans cette peur et dans cette folie", déplore, une parente d'élève de l'école Yaguel Yaacov. Une autre s'interroge: "Nos enfants sont citoyens français. Est-ce normal qu'il y ait un car de CRS devant leur école depuis de nombreuses années? Est-ce normal qu'il y ait une voiture de police en faction devant les synagogues? Non, ce n'est pas normal. Nous on attend des actes, on attend des réponses."

A une centaine de mètres de l'école, une policière assassinée

C'est à une centaine de mètres de cet établissement qu'une jeune policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, a été tuée jeudi. L'attaque a été revendiquée par le jihadiste Amédy Coulibaly. "Elle nous a sauvés", ont témoigné des parents d'élèves.

"Les parents ont été nombreux à nous écrire pour témoigner leur reconnaissance à cette policière, si elle n'avait pas été là, qui sait ce qu'il se serait passé?", s'est interrogé le président du consistoire israélite de France, Joël Mergui. Amédy Coulibaly a été tué par la police lors de l'assaut contre un supermarché casher où il retenait des otages, cours de Vincennes à Paris.

Les écoles juives, comme les lieux de culte israélites, font l'objet d'une protection permanente en France. Ils ont déjà été pris pour cible lors d'attentats islamistes. En mars 2012, Mohamed Merah avait tué trois enfants et en enseignant dans une école juive de Toulouse. Bernard Cazeneuve, s'est d'ailleurs rendu ensuite à la synagogue de Sarcelles où il a rencontré Yohan Cohen, victime de la tuerie de la porte de Vincennes et Eva Sandler, mère d'enfants tués à Toulouse par Mohamed Merah.

David Namias