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Grand débat national: à Bordeaux, Macron à nouveau interpellé sur ses "petites phrases"

Durant un bain de foule improvisé avant son intervention dans un gymnase à Pessac, en Gironde, devant un public de femmes, le chef de l'État a été interrogé sur son conseil, prodigué jadis à un jeune, de "traverser la rue" pour trouver un emploi.

Les politiques défilent, les phrases restent. Ce jeudi soir, lors de sa visite à Pessac dans le cadre du grand débat national, Emmanuel Macron a été rattrapé, une fois de plus, par ses "petites phrases" jugées tantôt honnêtes, tantôt méprisantes. 

Cette fois-ci, il s'agissait de son conseil de "traverser la rue" pour trouver un emploi, conseil prodigué à un jeune chômeur en septembre 2018. Durant un bain de foule improvisé ce jeudi soir, le père d'un jeune au chômage depuis neuf mois a approché le chef de l'État pour dire combien cette phrase lui avait fait "très mal". 

"On est dans une société où les gens veulent tout sortir de son contexte. Moi je parle, comme vous voyez, (...) je ne suis pas le personnage qu'on a voulu caricaturer. Je vais toujours vers les gens et je parle très librement", lui a calmement répondu Emmanuel Macron, devant les nombreux médias présents, dénonçant "cinq minutes de conversation sorties de leur contexte". 

"Contexte"

Le président de la République a ensuite rectifié ledit "contexte", déformé depuis selon lui par les nombreux commentaires que l'épisode a suscités. "Un jeune me dit, 'venez, embauchez-moi, je fais de l'horticulture'. Je lui dis, 'je n'embauche pas en horticulture, qu'est-ce que vous êtes prêt à faire?' Il me dit, 'je suis prêt à aller dans les cafés-restaurants'", a relaté Emmanuel Macron. Et de réitérer que, d'après lui, beaucoup d'établissements de restauration à Paris sont toujours en demande de main d'œuvre. 

Le locataire de l'Élysée a toutefois précisé que, face au jeune à qui il s'adressait en septembre 2018, il ne parlait pas au nom de "toutes les rues de France et de Navarre". "Je connais suffisamment mon pays pour que ce ne soit pas le cas", s'est-il amusé.

Emmanuel Macron a ensuite embrayé sur le cas précis du fils de l'homme qui l'a interpellé. "S'il est depuis neuf mois au chômage et qu'il a les diplômes que vous évoquez, j'espère que Pôle emploi lui fait des offres", ce à quoi le père a répondu "pas du tout". "C'est ce qu'on va secouer", lui a assuré le président.

Jules Pecnard