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Gouvernement: Rebsamen part avec "le sentiment d'avoir bien fait son travail"

Le ministre du Travail va quitter ses fonctions pour retrouver le fauteuil de maire de Dijon qu'il a déjà occupé pendant 13 ans. Et celui qui rêvait de l'Intérieur assume un bilan critiqué et s'en va sans regrets malgré quelques polémiques.

Ce lundi François Rebsamen devrait, sauf surprise de taille, être réélu maire de Dijon suite au décès d'Alain Millot fin juillet. Par conséquent, il va devoir quitter le ministère du Travail, poste qu'il occupe depuis avril 2014 et la constitution du premier gouvernement Valls.. au lendemain de municipales calamiteuses. "Je remettrai ma démission le 19 août à la fin du prochain Conseil des ministres", annonce-t-il dans les colonnes du Parisien.

Et François Rebsamen de préciser: "Il y a un immense quiproquo: je n'ai jamais envisagé de cumuler les charges de maire de Dijon et de ministre (...) Je sais très bien qu'on ne peut pas faire les deux et je ne l'ai jamais envisagé". Pour celui qui a déjà passé 13 ans à la tête de la ville de Côte-d'Or, il s'agit de se mettre en conformité avec l'article 4 de la charte de déontologie des membres du gouvernement sur le non-cumul des mandats.

Alors que l'information de son retour à Dijon bruissait, Manuel Valls avait prévenu qu'il n'y aurait aucun passe-droit. "Le Premier ministre a rappelé la règle (du non-cumul, ndlr) (...) On m'a fait un procès d'intention insupportable", s'emporte François Rebsamen. "J'ai passé l'âge d'être recadré", conclut-il se disant blessé par les attaques dont il a été victime alors qu'il venait de perdre son "ami personnel depuis vingt-cinq ans" Alain Millot.

Chiffres du chômage et polémiques

Et si après seize mois au ministère du Travail le bilan est contrasté par les chiffres du chômage, François Rebsamen assure que "l'année 2015 s'annonce meilleure" car l'économie française "recrée des emplois. On peut donc s'attendre à ce qu'à la fin de l'année le chômage recule enfin". Et ce n'est pas de gaité de coeur que l'ancien sénateur quitte ses fonctions. "C'est d'autant plus frustrant que j'ai contribué, au nom du gouvernement, à mettre en place un certain nombre de dispositifs facilitant la vie des entreprises sans pour autant diminuer les droits des salariés", se félicite-t-il dans les colonnes du quotidien."Je pars avec le sentiment d'avoir bien fait mon travail", juge François Rebsamen, plutôt attiré dès l'élection de son ami François Hollande par le poste de ministre de l'Intérieur.

Des propos en écho aux polémiques qui ont émaillé son passage au gouvernement après des prises de positions controversées au sujet des 35 heures ou du contrôle des chômeurs. "Je regrette que mes propos aient été mal compris", admet-il. François Rebsamen a aussi été accusé par Nicolas Sarkozy de "manipuler" les chiffres du chômage. "Se livrer à une telle polémique politicienne pour tenter de gagner quelques vois à l'extrême droite n'est pas digne d'un ancien président de la République, rétorque-t-il. Nicolas Sarkozy le sait très bien".

Qui pour le remplacer au Travail?

Reste la question de sa succession. "C'est au président de la République de faire le choix, élude François Rebsamen ajoutant que "cette fonction" de ministre du Travail "réclame d'être en totale harmonie avec l'Elysée et Matignon". Pour occuper le poste, les noms d'Alain Vidalies, l'actuel secrétaire d'Etat chargé des transports, de Laurent Grandguillaume, député PS de Côte d'Or ou de Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry, circulent.

"Le délais de décision sera court", a déjà promis l'exécutif.

S.A.