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Gérard Collomb, le premier marcheur fuit Macron et rentre à Lyon

Gérard Collomb le 14 mai 2017 à l'Elysée.

Gérard Collomb le 14 mai 2017 à l'Elysée. - Stéphane de Sakutin - AFP

Après une rentrée cauchemardesque pour l'exécutif, avec des démissions au compte-goutte, c'est désormais l'un des piliers de l'ère Macron qui est sur le point de quitter le navire.

Entre Gérard Collomb et Emmanuel Macron, la rupture est imminente. En voulant quitter le gouvernement le plus vite possible, le ministre de l'Intérieur tient tête au chef de l'Etat et met le président au pied du mur

Pourtant, l'ancien maire socialiste de Lyon est l'un des soutiens de la première heure du président Macron, voire l'un des piliers du macronisme. Gérard Collomb est l'un des premiers à avoir cru en Emmanuel Macron, et à claquer la porte de son parti pour rejoindre La République en Marche.

La relation entre les deux hommes est même "quasiment fusionnelle, filiale", d'après les propres mots du ministre. A tel point que le 14 mai lors de l'investiture du tout nouveau chef de l'Etat, Gérard Collomb, âgé de 72 ans, ne peut pas retenir ses larmes.

Un bilan contrasté

Place Beauvau où il sera resté 18 mois, Gérard Collomb peut se vanter d'avoir programmé la fin de l'état d'urgence et d'avoir mis sur pied le projet de loi "de renforcement de la sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme". Une loi promulguée en octobre 2017, vivement critiquée du fait qu'elle inscrive dans le droit des mesures d'exception permises à l'origine par le seul état d'urgence.

La loi Asile et immigration, votée le 1er août, est l'un des grands chantiers de Gérard Collomb. Le texte, qui divise aussi bien l'opposition que la majorité , vise à réduire le traitement des demandes d'asile et facilite l'expulsion des migrants "non-acceptés" sur le territoire. Enfin, on peut retenir le récent lancement de la police de sécurité du quotidien dans les quartiers sensibles.

L'affaire Benalla, point de rupture

La relation entre Emmanuel Macron et Gérard Colomb s'était manifestement dégradée ces derniers mois. La tension a vu le jour avec la mise en place de la limitation de vitesse à 80 km/h, qui avait fortement déplu au ministre, qui avait d'ailleurs tout fait pour qu'elle soit retirée. Mais l'affaire Benalla, cet été, aura sans aucun doute été le point de rupture entre les deux hommes.

Dans l'opposition, de nombreuses voix s'étaient alors levées pour dénoncer la réaction tardive de l'Intérieur. Gérard Collomb, auditionné devant la commission d'enquête parlementaire, en sort fragilisé.

Ces dernières semaines, il avait multiplié les sorties à l'égard du chef de l'Etat. Il s'en était d'abord pris au "manque d'humilité" au sommet de l'Etat, puis avait critiqué l'isolement d'Emmanuel Macron. "Nous sommes peu à pouvoir lui parler" avait regretté le ministre, avant d'annoncer finalement qu'il pourrait quitter le navire avant les européennes de 2019. 

“Le président conserve toute son amitié à l’égard de Gérard Collomb”, a-t-on déclaré dans l’entourage d’Emmanuel Macron. "trouve regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner."
Jeanne Bulant