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Fin de vie: Jean Leonetti évoque "trois aspects à travailler"

Jean Leonetti, l'auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie a été chargé avec le député PS Alain Claeys d'aménager ce texte.

Jean Leonetti, l'auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie a été chargé avec le député PS Alain Claeys d'aménager ce texte. - -

La décision rendue mardi par le Conseil d'Etat sur le cas de Vincent Lambert "conforte" selon Jean Leonetti la loi de 2005, dont le député UMP a la paternité. Mais certains "aspects" restent encore à "travailler", juge-t-il, pour améliorer la fin de vie des Français.

En se fondant sur la "loi Leonetti" pour statuer sur le cas de Vincent Lambert, le Conseil d'Etat a intrinsèquement "conforté" le dispositif législatif de 2005 sur la fin de vie, a souligné mardi Jean Leonetti, à l'origine de ce texte. Le député UMP, chargé par le gouvernement Valls d'aménager ces dispositions, a évoqué trois pistes de travail possibles.

En précisant la notion d'"obstination déraisonnable" à prodiguer des soins, mais aussi en se référant expressément à la volonté exprimée ou non - c'est tout le problème de ce dossier - du patient, l'arrêt rendu par la haute juridiction qui a jugé "légale" l'initiative du docteur Eric Kariger d'arrêter les traitements, trouve effectivement sa place dans le cadre posé par la loi.

Une loi "peu contestée" selon Jean Leonetti

Pour Jean Leonetti, la loi en vigueur est toujours valable parce qu'elle "dit à la fois qu'on ne doit pas s'acharner et faire subir des traitements qui apparaissent déraisonnables", et "en même temps, qu'on doit tenir compte de l'avis de la personne concernée". Le député donne aussi raison au Conseil d'Etat d'avoir "pris d'immenses précautions" avant de rendre cette décision, notamment en décidant d'expertises médicales.

Jean Leonetti souligne aussi le fait que la loi de 2005, qui s'est appliquée "à 25.000 cas" en "neuf ans", reste "peu contestée". Selon lui, elle "correspond bien à la compréhension d'une famille souffrante mais qui accepte cette vie finissante" et "en même temps par des médecins modestes qui acceptent normalement que les traitements qu'ils ont mis en œuvre jusqu'à présent ne sont plus justifiés".

"Trois aspects à travailler"

Pour autant, conformément à la mission qu'il a reçue du gouvernement en partage avec le député PS socialiste Alain Claeys, le député UMP évoque "trois aspects" à travailler pour améliorer la fin de vie des Français.

Ainsi:

• Le développement des "soins palliatifs". Ils sont, note le député, "insuffisamment développés et surtout connus à l'intérieur du corps médical et par la population".

• Généraliser le recours aux "directives anticipées". Autrement dit, demander à toute personne majeure de préciser ses souhaits par écrit quant à sa fin de vie. "Comment se fait-il qu'elles soient aussi peu utilisées?", s'étonne le député. "Dans le cas de Vincent Lambert le fait d'avoir écrit des directives anticipées aurait été très utile", souligne-t-il.

• L'acceptation d'une "diminution de la durée de vie". Ce serait la contrepartie d'un "allègement de la souffrance du patient", explique Jean Leonetti. "En fin de vie, la qualité de vie prime sur la durée de vie", explique-t-il.

David Namias