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Vincent Lambert: la famille continue de se déchirer

François, le neveu de Vincent Lambert a salué la décision du Conseil d'Etat.

François, le neveu de Vincent Lambert a salué la décision du Conseil d'Etat. - -

Dans ce dossier emblématique du débat sur la fin de vie, le Conseil d'Etat s'est prononcé pour l'arrêt des soins qui maintiennent artificiellement en vie Vincent Lambert. Ses parents intentent maintenant un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme, tandis que leurs avocats n'ont pas de mots assez durs pour critiquer cet arrêt.

Loin d'apaiser les tensions entre les deux camps qui s'affrontent au chevet de Vincent Lambert, la décision du Conseil d'Etat en faveur de l'arrêt des traitements prodigués depuis six ans à ce tétraplégique, semble les avoir ranimées.

Les parents du patient, farouchement opposés à l'arrêt des soins et anticipant cet arrêt, ont déjà décidé de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), pour tenter d'obtenir la suspension de cette décision.

Plus que jamais, deux clans continuent de s'affronter

La mère de Vincent Lambert, qui se dit "sous le choc", s'est insurgée contre cette décision, dénonçant "une maltraitance" et expliquant que son fils est "un handicapé" et non "pas un légume comme on veut si bien le dire".

Pour maître Jérôme Triomphe, l'un des avocats des parents de Vincent Lambert, "nous voici au seuil d'une sombre barbarie qui s'annonce en blouse blanche". L'avocat a dénoncé encore le fait que "des milliers d'êtres sans défense, qui ne peuvent s'exprimer mais qui n'ont rien demandé, se retrouvent à la merci du premier médecin venu".

Pour François, le neveu de Vincent Lambert favorable au contraire à l'arrêt des soins et qui a réagi mardi après-midi sur BFMTV, la "souffrance" de son oncle "a été entendue". "Vincent avait une personnalité", continue-t-il. "On a tous témoigné de sa personnalité. Il avait des propos très clairs avec un de ses frères et son épouse sur la fin de vie. Les parents, en face, ont juste dit que c'était une boutade et que nous mentions tous", a-t-il déploré. Il a dénoncé aussi le "sadisme" auquel l'équipe médicale était contrainte de se livrer en attendant que la décision soit prise.

"Le moins mauvais choix possible"

L'avocate du neveu, maître Madeleine Munier-Apaire, est revenue pour sa part sur "la décision singulière" et "très motivée" rendue par le Conseil d'Etat. Une décision décrite aussi comme "tenant compte de l'état clinique actuel de Vincent", de "sa personnalité" et "des souhaits qu'il avait exprimés".

Mais tant pour le neveu de Vincent Lambert que pour Marie-Geneviève, sa demi-soeur qui a témoigné elle aussi au micro de BFMTV, cette décision "est difficile pour tout le monde, même pour moi qui ai combattu pour qu'on l'obtienne". "On arrive à une situation où l'on fait le moins mauvais choix possible", a-t-elle indiqué, déplorant que la médecine n'ait pas réussi à redonner "au moins une partie d'autonomie" à son demi-frère.

David Namias et Coralie Deleplace