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Police-Justice

Affaire Vincent Lambert: le Conseil d'Etat décide d'une expertise médicale

Les parents de Vincent Lambert, en janvier dernier.

Les parents de Vincent Lambert, en janvier dernier. - -

Le Conseil d'Etat a refusé de statuer sans obtenir de nouvelles informations médicales sur l'état de santé actuel de Vincent Lambert, et ses perspectives d'évolution.

Le sort de Vincent Lambert, cloué sur son lit d'hôpital depuis cinq ans en état végétatif chronique, n'a toujours pas été tranché. Vendredi, le Conseil d'Etat a décidé de demander une expertise médicale. Il devrait se prononcer avant l'été, après que cette expertise a été menée.

"Compte tenu de l'extrême gravité de la situation et du caractère potentiellement irréversible de sa décision, le Conseil d'Etat demande une expertise médicale complémentaire. Celle-ci devra déterminer "si ce patient est en mesure de communiquer" et si ses réactions "peuvent être interprétées comme un rejet de soins" ou, au contraire, comme "un souhait que ce traitement soit prolongé", a expliqué Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'Etat.

"Le Conseil d'Etat ne met pas en cause la qualité des informations médicales qui figurent déjà au dossier, mais le bilan le plus complet faisant appel à une expertise externe date de plus de deux ans et demi, et des indications divergentes ont été émises quant à son état clinique", s'est justifié le vice-président.

Une famille déchirée

A la demande du Conseil d'Etat, "l'expertise sera conduite dans un délai de deux mois, de manière collégiale, par trois médecins spécialisés dans les neurosciences, désignés par le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, sur proposition de l’Académie nationale de médecine, du Comité consultatif national d’éthique et du Conseil national de l’ordre des médecins", a encore précisé Jean-Marc Sauvé.

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, et son neveu François, ainsi que le CHU de Reims où il est soigné depuis son accident de voiture en 2008, avaient saisi la plus haute juridiction administrative française pour qu'elle annule le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

A la demande des parents, le tribunal avait décidé le 16 janvier le maintien en vie de Vincent Lambert contre l'avis des médecins. Ces derniers, en concertation avec une partie de la famille, s'étaient prononcés pour l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielle du patient comme le prévoit la loi Leonetti, votée en 2005.

A. G. avec AFP