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Filières jihadistes: le gouvernement français passe à l'offensive

Des combattants jihadistes filmés par une télévision arabe, en Syrie.

Des combattants jihadistes filmés par une télévision arabe, en Syrie. - -

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve va présenter mercredi un plan de lutte contre les filières jihadistes en France, de plus en plus nombreuses, notamment à destination de la Syrie, où la guerre fait rage.

Alors que les quatre otages libérés samedi ont fait état de la présence de Français parmi leurs ravisseurs, le gouvernement s'apprête à dévoiler mercredi en Conseil des ministres un plan de lutte contre les filières jihadistes, concocté par Manuel Valls et terminé par son successeur Place Beauvau, Bernard Cazeneuve. L'objectif? Détecter les adolescents et leurs aînés susceptibles d'être embrigadés dans des milices islamistes, particulièrement en Syrie.

Plus d'une vingtaine de mesures composent ce plan d'action, dévoilé en partie par le Figaro mardi. Parmi elles, la première consiste à rétablir l'autorisation de sortie du territoire pour les mineurs, un document qui n'était plus obligatoire depuis janvier 2013.

Le cyber-jihadisme très surveillé

Le gouvernement souhaite également créer un centre de prise en charge des jeunes à risque, où les familles dont l'enfant fréquente une mosquée fondamentaliste ou surfe sur des sites web suspects pourraient se retrouver, rencontrer des psychologues, et recueillir des conseils pour désamorcer les tentatives de fuite à temps. Des campagnes de sensibilisation à l'école sont aussi au programme.

Le projet entend par ailleurs muscler encore un peu plus la surveillance du cyber-jihadisme, et créer un service de renseignement territorial. "On va revenir à un maillage du terrain très fin et important pour capter notamment les signaux de faible intensité, qui permettraient d'anticiper la création de filières", explique sur BFMTV Eduardo Cypel, secrétaire national du PS chargé de la Défense.

Enfin, la signalisation des profils suspects sera plus facile. Dès que les autorités auront un doute suffisamment fort sur un éventuel candidat au jihad, ce dernier sera inscrit au fichier des personnes recherchées, mais aussi au système d’information Schengen. Un fichier qui centralise les signalements à l’ensemble de l’Europe auquel les aéroports ont accès. Ce qui théoriquement, devrait empêcher les suspects de prendre l’avion.

A. G. I vidéo: Julien Migaud-Muller