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Police-Justice

Ados apprentis-jihadistes: leurs parents en appellent à l'Etat

Des proches d'apprentis-jihadistes en février dernier, lors d'un rassemblement.

Des proches d'apprentis-jihadistes en février dernier, lors d'un rassemblement. - -

Les familles d'adolescents français partant faire le jihad en Syrie dénoncent un "embrigadement" et réclament de l'aide pour les faire rapatrier.

"Rendez-nous nos enfants". C'est le cri lancé par des familles à travers une pétition pour demander aux autorités le rapatriement des jeunes Français partis faire le jihad en Syrie. "Ce qu'on attend des autorités, c'est qu'elles s'emparent de ce problème et qu'elle aillent chercher les enfants en Syrie", explique Dounia Bouzar, fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), et à l'initiative de la pétition.

"C'est un appel lancé à tous les Français. Nous voulons faire réagir", a martelé Meriam Rhaiem, présidente du collectif "Jamais sans Assia" et dont l'ex-mari a emmené avec lui en Syrie leur fille âgée de deux ans.

"Quand on voit que le président de la République peut faire revenir une lycéenne en France (l'affaire Leonarda), il peut rapatrier ces jeunes", s'indigne Jonathan Mehenni, dont la soeur Sarah, 16 ans, est partie en Syrie le 11 mars. Il y a quelques jours encore, c'est une jeune Troyenne de 16 ans qui a fui également pour la Syrie.

"Le jihad est le fruit d'un embrigadement"

Le CPDSI, le collectif "Jamais sans Assia" et l'association "Syrien ne bouge... agissons" déplorent le manque de formation sur l'islam radical de leurs interlocuteurs et leur ignorance de "l'emprise mentale" dont sont victimes les mineurs et majeurs qui partent faire le jihad.

"Quand les parents vont voir la police ou l'assistante sociale pour s'inquiéter de l'embrigadement de leur enfant, on leur répond 'votre enfant est trop musulman'", s'indigne Dounia Bouzar. "Le jihad n'est en rien un problème de liberté de conscience" mais le fruit d'un "embrigadement", accuse-t-elle.

Parmi les revendications du CPDSI et des familles figure la suppression de la circulaire du 1er janvier 2013 qui autorise les mineurs à quitter le territoire sans accord parental. A ce jour, le CPDSI comptabilise une dizaine de mineurs qui seraient partis en Syrie, en précisant que la tranche d'âge 19-22 ans serait la plus présente sur place. Pour Dounia Bouzar, "je pense qu'on peut les compter par centaines."

A. G. avec AFP