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En février sur RMC, Ferrand fustigeait "l'embauche de son conjoint ou enfants" à l'Assemblée

Peut-il tenir? C'est la question qui affleure après que le nouveau ministre a confirmé, en plus d'un montage immobilier favorisant sa compagne, avoir embauché son fils en tant qu'assistant parlementaire.

Les archives vidéo ne pardonnent rien aux politiques. Aujourd'hui ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand s'impose comme un fervent partisan d'un renforcement de la morale en politique. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC en février dernier, il préconisait notamment de "s'engager, par exemple, à ne pas embaucher son conjoint ou ses enfants lorsque l'on a une fonction publique". L'affaire Fillon venait d'éclater à la suite d'un article du Canard Enchaîné daté du 25 janvier 2017. 

Mercredi, Le Canard enchaîné révélait que Richard Ferrand, pièce maîtresse du nouveau président, avait embauché de son fils quelques mois en tant que collaborateur parlementaire entre janvier et mai 2014. Selon l'hebdomadaire, Richard Ferrand a versé 8.704 euros brut à son fils pour ces tâches sur l'ensemble de la période. 

Le Canard enchaîné a également épinglé Richard Ferrand pour une affaire immobilière, alors qu'il était encore directeur général des Mutuelles de Bretagne en 2011. L'organisme avait souhaité louer des locaux commerciaux à Brest (Finistère) pour ouvrir un centre de soins et avaient choisi entre trois propositions celle d'une société immobilière appartenant à la compagne de Richard Ferrand.

Une affaire qui tombe au plus mauvais moment

"Je vois bien qu'aujourd'hui. Il y a un rejet total de l'idée qu'un parlementaire puisse embaucher l'un de ses proches. Je ne le referais pas", a insisté le député du Finistère sur franceinfo.

"Ça meurtrit évidemment Richard, qui est un homme d'une probité exceptionnelle (...) mais une chose est sûre, il n'y a rien d'illégal, il n'y a rien qui ne serait pas moral", a assuré Christophe Castaner.

Dans son programme, Emmanuel Macron a dit vouloir interdire à tout élu ou ministre d'embaucher un membre de sa famille et, pour prévenir les conflits d'intérêts, empêcher les parlementaires d'exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat.

David Namias avec Anne-Sophie Warmont