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Didier Guillaume souhaite "50% de pesticides en moins" pour 2025

Au lendemain de la nouvelle victoire judiciaire d'un agriculteur charentais contre Monsanto, le ministre de l'Agriculture est l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi matin.

Pour la troisième fois, l'agriculteur Paul François a remporté une victoire contre Monsanto devant la justice française, qui a reconnu la firme américaine comme responsable de son intoxication en 2004 par un désherbant, le Lasso, qui a depuis été interdit. A la suite de cette décision, l'agriculteur a lancé un "message au gouvernement actuel", les invitant à "prendre leurs responsabilités" sur l'utilisation des pesticides.

Directement pointé du doigt par le céréalier charentais, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a salué cette décision:

"Je soutiens la démarche de Monsieur François, et je suis plutôt content du résultat de ce procès" a-t-il déclaré ce vendredi matin, invité de RMC et BFMTV, rappelant qu'il avait participé, lorsqu'il était sénateur, à la création d'un "fonds phyto" pour permettre l'indemnisation des agriculteurs victimes des pesticides.

"Nous n'allons pas assez vite"

Reste que "si la France s'est engagée à être le premier pays au monde à sortir totalement des pesticides", comme le rappelle notre invité, l'Assemblée nationale a refusé en septembre dernier à inscrire dans la loi la sortie du glyphosate programmée d'ici à 2021, ouvrant la porte à des délais supplémentaires dans certains cas. "Nous n'allons pas assez vite", concède l'élu.

"Mon objectif de ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, c'est de protéger la santé des Français, qui promet par ailleurs "50% de pesticides en moins" d'ici à 2025.

"C'est tous les produits phytosanitaires qui m'importent, il ne s'agit pas de remplacer une molécule chimique par une autre molécule chimique", ajoute l'ancien socialiste. "La recherche a des moyens considérables, chaque année ont met 200 millions d'euros. La recherche avance, nous avons des alternatives, nous y arrivons, mais on ne peut pas mettre de date."

En Afrique "s'il n'y a pas de pesticides, il n'y a pas d'agriculture"

Si aucune échéance n'est ainsi fixée en France, un amendement de la Loi Pacte interpelle: cette dernière autorise les entreprises françaises qui produisent des pesticides à poursuivre leurs exportations hors de l'Union européenne jusqu'en 2025. Polluer, mais pas chez nous? Didier Guillaume a une autre vision des choses:

"Je reviens d'Angola, j'ai rencontré des agriculteurs. [...] Dans ces pays-là, s'il n'y a pas de pesticides, je suis au regret de le dire, mais il n'y a pas d'agriculture possible", justifie-t-il. Avant de conclure: "Je vais me faire découper sur les réseaux sociaux, ce n'est pas le problème, mais c'est la réalité."

Jérémy Maccaud