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Cahuzac: devenir ministre a été "l'erreur de ma vie"

Jérôme Cahuzac lors de son audition devant la commission de l'Assemblée nationale.

Jérôme Cahuzac lors de son audition devant la commission de l'Assemblée nationale. - -

L'ancien ministre du Budget s'est confié à "Vanity Fair": s'il regrette d'avoir détenu un compte à l'étranger, il s'en veut encore plus d'avoir accepté d'entrer au gouvernement en mai 2012...

Il ne s'était plus exprimé depuis son entretien accordé à BFMTV en avril 2013. Dans l'ombre depuis, l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a cette fois accepté de répondre à Vanity Fair. L'ouverture de son compte en Suisse, révélée par Mediapart? "Une vraie connerie", admet-il. Son entrée au gouvernement Ayrault? "L'erreur de sa vie", tout simplement, et compte tenu de sa situation personnelle dans l'illégalité.

Dans cet entretien à paraître mercredi, Jérôme Cahuzac, qui avait provoqué le premier scandale du quinquennat Hollande, explique sa situation d'exilé fiscal: "Très vite, j'ai gagné bien plus qu'auparavant. Je ne savais pas quoi faire de cet argent [...] et une partie des clients de la clinique - surtout les étrangers - voulaient payer en espèces. Je me suis dit qu'avec un compte en Suisse je serais tranquille. J'ai été complètement inconscient".

La volonté d'enterrer l'affaire

Jérôme Cahuzac assure avoir "tenté", "à cinq ou six reprises", de se "débarrasser" du compte, butant à chaque fois sur le "même obstacle: la rupture de l'anonymat". "Ce compte était devenu un boulet", assure-t-il, tandis que sa carrière politique de député et de maire de Villeneuve-sur-Lot était lancée.

En 2009, lorsque les fonds sont envoyés à Singapour, ce n'est pas "pour protéger l'argent mais pour que rien ne se sache jamais", insiste-t-il. Le vrai tournant, aux yeux de Jérôme Cahuzac, c'est donc lorsqu'il accepte en mai 2012 de devenir ministre. "C'est à ce moment-là que je fous ma vie en l'air".

Avant ses aveux du 2 avril 2013, Jérôme Cahuzac décrit son calvaire: enfermé dans le mensonge, il raconte son ulcère, ses insomnies, les journées de travail "pour éloigner les terreurs de la nuit". Mais il regrette malgré tout: "J'ai construit ma vie politique de façon scrupuleusement honnête [...] Je ne peux pas accepter de laisser tout détruire à cause d'une imbécillité qui date d'il y a vingt ans..."

S.A. avec AFP