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Ayrault: "je me suis peut-être trompé en anticipant un peu"

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Lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale, mercredi après-midi, le Premier ministre a reconnu avoir devancé la décision des Sages concernant la loi sur le logement social.

Mea culpa à l'Assemblée pour Jean-Marc Ayrault. Après avoir commis une gaffe en annonçant mercredi matin, au micro de France Inter, la censure par le Conseil constitutionnel de la loi sur le logement social, alors même que les Sages n'avaient pas encore statué, le Premier ministre a reconnu publiquement son erreur à l'Assemblée, quelques heures et un recadrage par François Hollande plus tard.

"J'ai peut-être anticipé"

"J'ai peut-être anticipé une décision du Conseil constitutionnel sur une éventuelle annulation de la loi sur le logement", a reconnu Jean-Marc Ayrault lors de la séance des questions à l'Assemblée. "Il est vrai que tous les conseils juridiques du gouvernement m'indiquent que cette annulation est possible", a-t-il ajouté, en réponse à une question du député UMP des Côtes-d'Armor, Marc Le Fur.

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"Mais elle (cette annulation) n'a pas été décidée, vous avez parfaitement raison. On ne sait jamais, je me suis peut-être trompé en anticipant un peu", a enchaîné le Premier ministre.

"J'ai trop de respect pour la séparation des pouvoirs"

Jean-Marc Ayrault a poursuivi en assurant : "Je connais parfaitement les principes de la séparation des pouvoirs et j'ai trop de respect pour cette séparation des pouvoirs et l'indépendance du Conseil constitutionnel pour qu'il y ait la moindre ambiguïté".

Il a ensuite accusé l'UMP, à l'origine de la saisine du Conseil constitutionnel, d'avoir combattu "non pas la forme" mais le contenu du texte, dont l'obligation pour les communes de construire des logements sociaux. "Si le Conseil constitutionnel décidait d'annuler cette loi, le gouvernement en présenterait une immédiatement, qui sera appliquée à Neuilly comme partout!" a-t-il lancé, en guise de conclusion et pour répliquer aux huées de la droite.

"Cette loi vous déplaît, elle sera votée !"

Prenant la parole pour répondre, la ministre du Logement, Cécile Duflot, à l'origine du projet de loi, a retourné les attaques de l'opposition : "Je pense effectivement que la question des excuses se pose parce que nous parlons de 1,7 million de familles en France qui attendent des logements, de 3 millions de personnes mal logées, de 600.000 personnes qui vivent dans des logements insalubres. Voilà où est l'urgence".

"C'est le choix du gouvernement et des Français: une politique de solidarité, d'égalité (...). Cela vous dérange peut-être mais nous allons continuer. Vous ne nous ferez pas frémir et vos manoeuvres de diversion sur la forme ne nous feront jamais oublier le fond: répondre à celles et à ceux qui en ont besoin. Cette loi vous déplaît, elle sera votée, pour ceux qui en ont besoin", s'est-elle écriée face à une opposition moqueuse.