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Avec le départ de Hulot, Macron perd l'une de ses plus belles "prises de guerre"

Nicolas Hulot et Emmanuel Macron le 15 novembre 2017 à Bonn, en Allemagne.

Nicolas Hulot et Emmanuel Macron le 15 novembre 2017 à Bonn, en Allemagne. - AFP

Le ministre démissionnaire est longtemps resté le plus populaire des personnalités politiques françaises.

Après 15 mois difficiles, Nicolas Hulot a franchi le pas et annoncé sa démission du gouvernement mardi matin sur France Inter. La décision "la plus difficile de (s)a vie", selon ses mots, prise sans en informer quiconque – ni le président, ni le Premier ministre. Nicolas Hulot se sentait "tout seul à la manœuvre" et lassé "des petits pas" en matière environnementale.

Depuis son arrivée au gouvernement, le ministre, qui a dû assumer un certain nombre de déceptions en quelques mois, a plusieurs fois laissé planer le doute quant à une possible démission. "C'est un inquiet, c'est pourquoi je l'ai choisi (…) Lui il agit, il est inquiet et il n'est jamais satisfait", avait dit de lui Emmanuel Macron pour calmer les premières rumeurs.

"Il est irremplaçable"

Au cours d'un dîner à l'hiver 2017, alors qu'il était en plein doute, le chef de l'Etat avait réussi à persuader son ministre de rester au gouvernement. Une séance de "câlinothérapie" nécessaire pour les deux hommes: car Nicolas Hulot est la personnalité politique la plus populaire de France, selon plusieurs instituts de sondage. En juin dernier, il était toujours en tête du baromètre Elabe, avec 41% d'opinions favorables. Le laisser partir, c'était courir le risque de perdre une "prise" intéressante, populaire et issue de la société civile. Voire, de contrarier les sympathisants de la République en marche sensibles aux questions environnementales.

Ancien présentateur d'Ushuaïa sur TF1, Nicolas Hulot avait refusé à plusieurs reprises d'entrer dans de précédents gouvernements, rejetant l'idée de représenter une caution écologique. En misant sur lui, Emmanuel Macron et Édouard Philippe "savaient qu'ils prenaient un risque car dès le départ Nicolas Hulot avait dit que si ça n'allait pas assez vite, il partirait", rappelle Daniel Boy, chercheur au Cevipof, interrogé par l'AFP.

C'est désormais chose faite. Et les difficultés ne font que commencer pour le chef de l'Etat. Car il va falloir lui trouver un successeur: "Trouver un remplaçant à ce niveau de popularité, et issu de la société civile, ce sera évidemment impossible", affirme le politologue Olivier Duhamel sur Europe 1. "Il n’y a qu’un seul Nicolas Hulot, et il est irremplaçable".

A. K.