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Après les annonces de Macron, Philippe fixe le calendrier des réformes

Le calendrier des réformes de l'exécutif se précise. Ce lundi soir, Édouard Philippe a rendu les conclusions du séminaire gouvernemental organisé afin de déterminer l'agenda de mise en oeuvre des réformes annoncées par Emmanuel Macron.

"Nous avons beaucoup à faire", le chef du gouvernement a donné le ton à l'issue du séminaire gouvernemental organisé dans la journée sur la mise en oeuvre des annonces du président Macron, ce lundi soir.

Le Premier ministre a ainsi dévoilé l'agenda des futures mesures présentées par le président jeudi dernier pour répondre à la crise des gilets jaunes. À sa sortie, Édouard Philippe a dit que le gouvernement voulait se "donner le temps de la réflexion" pour finaliser les dernières mesures. "Je comprends l'impatience. Il faut aller vite et bien. On veut prendre le temps de consulter pour que les solutions entrent en oeuvre et soient visibles", a-t-il annoncé.

  • Mai: lancement des travaux sur l'ENA

Édouard Philippe a donc débuté en annonçant qu'il signerait "dans la semaine, probablement demain (mardi) la lettre de mission de M. Thiriez", chargé de faire des proposition au gouvernement sur la suppression de l'ENA (École nationale d'administration). Des propositions seront donc attendues dans six mois. "Je suivrai, avec une attention particulière, le déroulement des travaux et des propositions qu'il devra me rendre dans six mois", a-t-il précisé.

Le chef du gouvernement a aussi affirmé qu'il lancerait dès lundi 6 mai "la mobilisation nationale et territoriale pour l'emploi et les transitions écologiques".

"Il s'agit de réunir l'ensemble des acteurs concernés, partenaires sociaux, organisations syndicales, organisations patronales, les associations d'élus, les associations qui accompagnent la transition énergétique pour réfléchir collectivement au niveau national, puis localement au niveau territorial à la façon dont nous pouvons collectivement nous mobiliser pour atteindre les objectifs ambitieux en matière de retour au plein emploi et en matière d'accompagnement des transitions écologiques", a-t-il développé.
  • Juin: assurance chômage et conférence sur le climat

Les modalités de la baisse de l'impôt sur le revenu ainsi que celles sur la réforme de l'assurance chômage seront évoquées au moins de juin. "On ne touchera pas au crédit d'impôt-recherche", a d'ores et déjà déclaré Édouard Philippe. 

Les discussions sur le statut des maires auront elles aussi lieu au mois de juin. Le gouvernement vise notamment le "déploiement de France services dans chaque canton le plus rapidement possible". Seront également abordées les questions de la "déconcentration des décisions" de l'État, les transferts de compétences vers les collectivités territoriales ou encore la suppression des doublons administratifs.

Le gouvernement reviendra-t-il sur les 80km/h si contestés? "C'est au mois de juin" qu'il aura cette réflexion. C'est également en juin qu'aura lieu la première conférence citoyenne sur le climat. 

  • Juillet: réforme constitutionnelle, bioéthique et retraites

Les parlementaires s'empareront une nouvelle fois de la révision de la Constitution sur des sujets comme la réduction du nombre de parlementaires ou encore la proportionnelle. Au beau milieu de l'été seront aussi précisées les modalités de mise en oeuvre de "la lutte contre les impayés des pensions alimentaires et les mesures en faveur des aidants familiaux", a égrené le Premier ministre.

Le projet de loi de bioéthique, qui doit intégrer l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, sera présenté en Conseil des ministres en juillet, a encore annoncé Édouard Philippe. 

Enfin, le rapport de Jean-Paul Delevoye sur l'explosive réforme des retraites est attendu au cours de ce même mois, de manière à "présenter un projet de loi à la fin de l'été". Le Haut commissaire Jean-Paul Delevoye consulte depuis plus d'un an syndicats et patronat sur le futur régime universel censé remplacer les 42 existants.

Le Premier ministre a également annoncé que "la loi de programmation sur la dépendance" est prévue au "cours de l'automne", promettant de créer "un dispositif extrêmement puissant" pour répondre aux "angoisses" des Français concernant la prise en charge de la dépendance.

  • Automne 2019: lutte contre la fraude fiscale

Le dossier de la lutte contre la fraude fiscale sera lui abordé dans le courant du mois d'octobre. "Nous allons demander à la Cour des comptes de nous faire des propositions précises (...) Elles devront être rendues en octobre, ce qui nous permettra d'intégrer ces propositions dans les textes financiers au Parlement qui seront présentés à l'automne", a-t-il encore déclaré à la presse devant l'Hôtel de Matignon. 

Édouard Philippe a également précisé que la compensation de la disparition de la taxe d’habitation serait discutée dès l’automne 2019.

Quelques heures après ces annonces, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a défendu sur notre antenne un calendrier "très rapide" et "assez resserré". "C'est un temps très court", a-t-elle jugé.

Jeanne Bulant