BFMTV

Gilets jaunes: des revendications portées sur la politique, moins sur le pouvoir d'achat

Le RIC, nouvelle revendication des gilets jaunes

Le RIC, nouvelle revendication des gilets jaunes - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Depuis le début du mouvement les revendications des gilets jaunes ont bien évolué. Place de l'Opéra ce samedi à Paris, les manifestants en appellent désormais à plus de démocratie directe.

Quelques milliers de personnes sont rassemblées ce samedi à midi à Paris pour la cinquième journée de mobilisation des gilets jaunes. Après les annonces du chef de l'Etat concernant plusieurs mesures en faveur du pouvoir d'achat et la suppression de la hausse de la taxe sur le carburant, certains manifestants ont rendu les armes.

Mais d'autres ont, au contraire, changé de ton. Au delà des revendications économiques, le mot d'ordre désormais semble être plus politique:

"La dernière fois, on était là pour les taxes, cette fois, c'est plus pour les institutions: on veut plus de démocratie directe", exhorte Jérémy, intérimaire de 28 ans venu de Rennes "gueuler pour se faire entendre" à Paris, selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse (AFP).

Référendum d'initiative citoyenne

Une motivation qui apparaît clairement, comme sur la place de l'Opéra, ce samedi: sur les pancartes et dans les slogans scandés, c'est à des changements institutionnels et plus de pouvoir pour les citoyens que l'on en appelle. Trois lettres, "RIC", reviennent en boucle et peuvent être aperçues sur les banderoles brandies par les manifestants.

Ces manifestants continuent de réclament une "démocratie directe" et la mise en place "d'un référendum d'initiative citoyenne". Un système quasi similaire à celui de la Suisse.

Plus de pouvoir aux citoyens

Le but, pouvoir créer ou modifier une loi sans passer par le Parlement ni le gouvernement. Pour être valable, et pour voir les lois promulguées, le RIC nécessiterait 7000 signatures de citoyens. Soit 1,5% des inscrits sur les listes électorales.

En 2017, lors de l'élection présidentielle, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélenchon avaient déjà évoqué des mesures allant dans ce sens. La présidente du Rassemblement national l'a d'ailleurs rappelé dans un tweet ce samedi midi.

En France un référendum d'initiative partagée existe depuis 2015 mais aucun n'a été organisé depuis sa création; il nécessite que 4.5 millions d'électeurs se mobilisent sur un site officiel pour être engagé.

Manon Fossat avec Antoine Heulard