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Syriza: "Une erreur de considérer que ce n'est qu'une question grecque", affirme Sarkozy

Nicolas Sarkozy, le 26 janvier, avant une rencontre avec Angela Merkel, évoque la victoire de Syriza en Grèce.

Nicolas Sarkozy, le 26 janvier, avant une rencontre avec Angela Merkel, évoque la victoire de Syriza en Grèce. - BFMTV

La victoire du parti de la gauche radicale en Grèce, Syriza, a suscité de nombreuses réactions chez les personnalités françaises. Si pour Jean-Luc Mélenchon il s'agit d'un "moment historique", Benoît Hamon évoque de son côté "un chemin à suivre pour la gauche française". Et Sarkozy appelle à la "responsabilité de chacun".

C'est un résultat qui satisfait une grande partie de la classe politique française. Syriza, le parti d'extrême gauche mené par Alexis Tsipras, a remporté dimanche les élections législatives en Grèce. Une victoire aussitôt accueillie par les félicitations de François Hollande, qui a rappelé "l'amitié qui unit la France et la Grèce" et "sa volonté de poursuivre l'étroite coopération entre nos deux pays, au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans l'esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au coeur des valeurs européennes que nous partageons".

Sarkozy en appelle à la "responsabilité de chacun"

L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy en a appelé, depuis Berlin où il doit rencontrer lundi Angela Merkel, au "respect des urnes". "Les Grecs ont décidé, nous devons respecter leur choix", a-t-il insisté. Il a aussi appelé à "la responsabilité de chacun" du côté des "Grecs qui ont beaucoup souffert" et des instances européennes. Sur les risques de sortie de l'euro et les craintes relancées par la victoire de Syriza, Nicolas Sarkozy a dit que "ce serait une erreur de considérer que ce n'est qu'une question grecque".

Cécile Duflot se réjouit

Pour l'ex-ministre Cécile Duflot (EELV), l'heure est aussi aux réjouissances. Dans une tribune parue ce lundi dans Libération, elle affirme qu'"il est l'heure d'une alternance européenne", une alternance qui "a démarré à Athènes" et qui "ne fait que commencer".

"Nous devons aider la Grèce, mais nous devons aussi l'inviter à ne pas tomber dans le piège traditionnel de la gauche. A une politique absurde d'austérité ne doit pas succéder une politique aveugle de relance", précise la députée écologiste.

"Un désaveu" pour l'Union européenne, estime Le Pen

Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du FN, a estimé ce dimanche que la victoire de Syriza en Grèce constituait un "désaveu" pour l'Union européenne, même si il doute que le parti de la gauche radicale "fasse ce qu'il promet".

"Je ne suis pas sûr que le dirigeant de ce mouvement (Alexis Tsipras) fasse ce qu'il promet, puisqu'il va être soumis à de fortes pressions", a déclaré Jean-Marie Le Pen la fédération FN de Paris.

La probable victoire de Syriza constitue toutefois "un désaveu de l'Union Européenne" qui va "dans le même sens que le combat que nous menons", a-t-il ajouté. 

"Nous nous réjouirons de leur victoire", avait annoncé Marine Le Pen

Le président d'honneur du FN a admis ne pas partager "le programme de Syriza" mais salué le fait que cette victoire électorale constitue "un élément de la bataille politique si l'Union européenne est mise en échec à Athènes".

Marine Le Pen, présidente du FN, avait déjà déclaré mardi souhaiter "la victoire de Syriza". Elle avait aussi précisé "nous ne sommes pas d'accord avec tout leur programme, notamment sur le plan de l'immigration, mais nous nous réjouirons de leur victoire".

L'eurodéputé et cadre de Syriza Dimitris Papadimoulis avait vertement réagi sur Twitter: "Le programme de Syriza est complètement différent de l'extrême droite. La 'sympathie' alléguée de Le Pen à Syriza, est fausse et dégoûtante".

Un "moment historique" pour Jean-Luc Mélenchon

Invité de BFM Politique ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de gauche (PG), a qualifié de son côté de "moment historique" pour l'Europe la victoire de Syriza. "C'est une page nouvelle pour l'Europe. Peut-être que nous tenons l'occasion de refonder l'Europe, qui est devenue l'Europe fédérale des libéraux", a affirmé le candidat Front de gauche lors de l'élection présidentielle de 2012 sur notre antenne, pour qui le succès de Syriza "est une lame de fond".

Selon lui, "les Grecs sont peut-être en train de faire sauter ce carcan et grâce à eux, peut-être qu'on va pouvoir remettre sur la table toutes les données qui nous rendent la vie infernale en Europe. Peut-être, oui, je le dis, c'est un moment historique".

Le PCF "absolument ravi"

Toujours sur notre antenne, le numéro un du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, s'est dit "absolument ravi". "Maintenant que la victoire semble extrêmement large, beaucoup plus large que ce qu'on pouvait imaginer, c'est un immense espoir qui nous saisit, un vrai bonheur pour le peuple grec, mais au-delà du bonheur pour nous tous en Europe".

"Ce soir, le peuple grec (...) a vaincu la peur (...) Je crois qu'en France tous les espoirs sont permis après une victoire pareille en Grèce. En tout cas, c'est un encouragement extraordinaire pour nous qui travaillons au rassemblement des forces de gauche anti-austérité".

"Le peuple grec aura besoin de toute son énergie, de toute sa combativité, de toute sa capacité de mobilisation pour imposer ses exigences face à la troïka, aux banquiers et aux multinationales", a ajouté de son côté le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). "Il y a désormais l'espoir qu'après avoir été le laboratoire européen des politiques austéritaires, la Grèce devienne celui des mobilisations politiques et sociales victorieuses."

"La Grèce éclaire l'Europe"

Pour Benoît Hamon, député PS des Yvelines, la victoire de Syriza est un "chemin qui doit maintenant inspirer la gauche française". "La Grèce éclaire l'Europe", a poursuivi l'ex-ministre de l'Education nationale, qui remercie le peuple grec dans la langue hellénique sur Twitter. "L'élection en Grèce n'est pas seulement une élection nationale. Ce dimanche, le peuple grec a choisi souverainement de prendre un autre chemin que celui de l'austérité. C'est une très grande source d'espoir pour tous ceux qui croient encore qu'Europe et progrès sont conciliables.", a-t-il conclu. Un point de vue soutenu par l'ex-ministre de la culture, Aurélie Filippetti, qui affirme sur Twitter que cette victoire est le "symbole d'une réaction salutaire des peuples vis-à-vis des politiques d'austérité".

"La victoire de Syriza signe un coup d'arrêt aux politiques d'austérité inefficaces imposées aux peuples européens", a jugé de son côté Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne. "Malgré les désaccords que nous pouvons avoir avec Syriza, nous nous réjouissons du sursaut national qui a amené le peuple grec à rejeter avec ses dirigeants incapables les directives du FMI, de la BCE, de la Commission et la soumission aux injonctions de Mme (Angela) Merkel", a martelé le président de Debout la France.

Pour Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), "la victoire de Syriza illustre la vitalité du peuple grec. Elle sera utile à tous les peuples européens si elle permet d'introduire de la flexibilité dans le système de la monnaie unique. C'est le seul moyen de restaurer la compétitivité de chaque pays en tournant le dos à l'austérité. Ce n'est pas un problème grec, c'est un problème européen."

Jé. M. et D. N. avec AFP