BFMTV

Qui est Thierry Légier, proche de Marine Le Pen soupçonné de bénéficier d'un emploi fictif?

Thierry Légier, le garde du corps de Marine Le Pen, ici en 2012, est soupçonné d'emploi fictif.

Thierry Légier, le garde du corps de Marine Le Pen, ici en 2012, est soupçonné d'emploi fictif. - Joël Saget - AFP

Ce colosse d'1,90 m, devenu garde du corps de Marine Le Pen en 2011, est accusé d'avoir bénéficié d'un emploi fictif d'assistant parlementaire européen.

En bon garde du corps, il est toujours à proximité de Marine Le Pen, dans l'ombre. Mais cette fois, les lumières sont braquées sur lui: Thierry Légier a été placé en garde à vue mercredi matin, puis libéré mercredi soir. 

La cinquantaine, ancien militaire au 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine à Carcassonne, Thierry Légier a servi en Nouvelle-Calédonie, en Centrafrique, au Tchad, puis assuré la sécurité d'industriels ou de célébrités.

Ancien militant anticommuniste et de l'Action française, il s'engage en 1992 comme garde du corps de Jean-Marie Le Pen. Il l'accompagne dans des rencontres plus ou moins officielles, comme en 1996 en Irak, à la rencontre du président Saddam Hussein, ou lors de dîners en tête-à-tête avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, ou à la rencontre de Radovan Karadzic, chef politique des Serbes bosniens et maître de la "purification ethnique", alors recherché par la justice internationale. 

Une fois "Le Pen" parti de la présidence du FN, Thierry Légier raconte tout ceci dans un livre, Mission Le Pen (Éditions du Toucan), coécrit avec le journaliste Raphaël Stainville en 2012.

Mais ce géant au crâne rasé s'est aussi investi en politique: en 2010, il est élu conseiller régional en Haute-Normandie, ce qui fera dire, déjà, au journaliste Azzedine Ahmed-Chaouch dans Le Testament du diable (Éditions du Moment, 2010), que Jean-Marie Le Pen "sait faire preuve de malice pour alléger la masse salariale de son personnel".

Garde du corps, conseiller régional, assistant parlementaire

Début 2011, donc, Thierry Légier prend en charge la protection de Marine Le Pen, devenue patronne du FN. "Les choses se sont faites naturellement", explique Thierry Légier à l'hebdomadaire d'extrême droite Minute: il la connaît "depuis qu'elle est toute jeune".

Mais le Parlement européen et la justice française soupçonnent son emploi d'assistant parlementaire européen, fin 2011, d'être fictif. Selon l'Olaf, l'organisme anti-fraude européen, Marine Le Pen a reconnu l'avoir salarié fictivement à cette époque pour "régulariser" des salaires précédents. La présidente du FN assure que l'UE était d'accord pour ce montage, ce que cette dernière et l'Olaf contestent.

A l'époque, Thierry Légier était en parallèle conseiller régional de Haute-Normandie et garde du corps de Marine Le Pen.

Selon une source proche de dossier, Thierry Légier a aussi eu un contrat d'assistance parlementaire à temps partiel de septembre à décembre 2009 pour Marine Le Pen, alors qu'il était encore garde du corps de Jean-Marie Le Pen à l'époque. Sa garde à vue a été levée mercredi soir sans qu'il soit présenté aux magistrats instructeurs. La cheffe de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset, a elle été mise en examen.

A. K. avec AFP