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Rassemblement national

"Moi, j'en ai fait le tour": Marine Le Pen ne se voit pas en "présidente à vie" du RN

La candidate RN Marine Le Pen quitte le podium après son discours le 24 avril 2022 juste après l'annonce des résultats de la présidentielle où elle a échoué face à Emmanuel Macron.

La candidate RN Marine Le Pen quitte le podium après son discours le 24 avril 2022 juste après l'annonce des résultats de la présidentielle où elle a échoué face à Emmanuel Macron. - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

La présidente du Rassemblement national s'est confiée au journal local La Provence, avant un déplacement sur le marché de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, en vue des législatives.

Repartir. La candidate malheureuse du second tour de la présidentielle y va sûrement, mais doucement. Marine Le Pen évoque de plus en plus l'idée de passer la main au sein du Rassemblement national.

Dans les colonnes de La Provence, à la veille d'un déplacement sur le marché de Marignane pour nourrir les ambitions du RN aux législatives, la femme politique avoue avoir fait le tour de la présidence de son parti.

"Quand vous arrivez à réunir 42% des gens -ce qui n’est pas suffisant pour gagner- vous avez du mal à repartir dans une structure partisane. Moi, j’en ai fait le tour", juge-t-elle.

"Il faut du renouvellement"

La présidente du RN qui avait laissé la présidence du parti au jeune Jordan Bardella pendant la campagne présidentielle reprend peu à peu son poste, non sans cacher une certaine lassitude.

Au journal local, elle déclare vouloir toujours aider le RN, "mais ça fait vingt ans que je le structure, parfois avec des réussites, parfois avec des carences, des échecs. On ne peut pas avoir de président à vie".

"Il y a eu Jean-Marie Le Pen. Mais ce n’est pas une secte (...) Il faut du renouvellement", lance-t-elle encore: "Et j’ai envie d’autre chose", ajoute-elle.

La tâche de relever le parti après cette dernière défaite reviendrait donc naturellement au vice-président et jeune député européen en cas de départ. Jusqu'à juin, Marine Le Pen continuera, quoiqu'il se passe, à se battre pour les législatives.

"Aidez-moi à vous aider"

"C'est maintenant que vont se déterminer les quatre prochaines années. Il faut qu'il y ait un maximum de députés du Rassemblement national", appelle ainsi la tête du parti qui veut plus de députés que lors des dernières législatives.

"Aujourd'hui, je dis aux Français: 'aidez-moi à vous aider!' J'ai fait cinq ans avec cinq députés, c'était très dur", confie-t-elle à La Provence .

"Je ne peux rien faire toute seule", ajoute celle qui se présente à sa réélection à Hénin-Beaumont, "j'ai besoin d'un groupe important. Ces élections sont cruciales". "Le jour où je ne combattrai plus, j'arrêterai, c'est aussi simple que ça", conclut la candidate qui laisse planer le doute sur une quatrième candidature présidentielle.

La présidente du RN est toutefois revenue ce mardi sur ses propos publiés la veille et refuse de confirmer un éventuel départ à la rentrée. "J’ai dit que je souhaitais mettre mon énergie à la présidence du groupe des députés à l’Assemblée. Car il va y avoir des combats fondamentaux. Qu’on ne peut pas tout faire à la fois. Je continue à faire de la politique et me battre", précise-t-elle.

"Je voudrais rassurer tout le monde", explique-t-elle à BFMTV, "je suis là bien là et je mène la bataille des législatives. Je lutterai à l’Assemblée contre la politique toxique d’Emmanuel Macron et j’espère le faire avec le maximum de députés mais ça dépend des électeurs".
Par Hortense de Montalivet avec Loïc Besson