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Marine Le Pen affiche son opposition aux propositions de Marion Maréchal

Invitée de BFMTV et RMC ce vendredi matin, la présidente du Rassemblement national ne partage pas du tout le même constat fait par sa nièce, qui a affirmé que le Rassemblement national ne pourrait jamais séduire plus d'électeurs sans mettre en place une grande coalition.

Après le combat entre le père et la fille, un duel entre la tante et la nièce? Quelques jours après la victoire du Rassemblement national (RN) aux Européennes, Marion Maréchal, qui portait il y a encore peu le nom de "Le Pen" avant de s'écarter de la vie politique, a estimé que son ancienne formation ne pourrait jamais accéder au pouvoir sous sa forme actuelle. Pour y remédier, elle a proposé une "grande coalition" entre la "droite populaire" issue de LR et le RN, qui ne "peut pas", toujours selon elle, "capter à lui seul l'ensemble" des électeurs. Une sortie "triste", juge ce vendredi Marine Le Pen, invitée de BFMTV et RMC: "Il ne faut pas être pessimiste, quand on est jeune."

Le RN peut encore séduire des électeurs

Sur le fond, la présidente du Rassemblement national ne fait pas du tout le même constat que sa nièce, affichant clairement son opposition. "Il y a une recomposition de la vie politique française, que j'avais annoncé, je l'avais dit 'la droite et la gauche, c'est terminé' on va assister à une recomposition avec une nouvelle bipolarisation entre les mondialistes et les nationaux", rappelle-t-elle. "C'est exactement ce qui est en train de se passer."

La députée du Pas-de-Calais l'assure: le Rassemblement national a la capacité de séduire encore bien des électeurs, contredisant de nouveau les déclarations de celle qui est partie fonder l'Institut des sciences sociales, économiques et politique (ISSEP), à Lyon.

"Un mouvement politique, il a vocation à s'adresser à tous ceux qui partagent sa ligne politique, les fondamentaux qui sont les siens, et moi je crois que nous n'avons pas fait le plein, loin de là, entre le mondialisme, l'ultra-libéralisme, l'immigration massive, le mépris de l'identité nationale, et ce que nous portons, c'est à dire, la Nation, ses protections, l'intérêt supérieur des Français, la défense de l'identité et de la culture françaises, je pense qu'il y en a encore beaucoup qui ont vocation à nous rejoindre."

Une ambition présidentielle? 

Avant les propos de Marion Maréchal, c'est surtout son silence qui avait été le plus remarqué. Durant la dernière campagne électorale, elle n'a jamais apporté officiellement son soutien au Rassemblement national. Elle aurait même refusé de faire un simple tweet d'encouragement en direction de Jordan Bardella. Une situation que "regrette" sa tante, au même titre que d'autres cadres du parti. Et qui a de quoi nourrir bien des commentaires sur les ambitions de l'ex-élue du Vaucluse et ses relations avec son ancienne cheffe de file à l'époque où le Rassemblement national s'appelait encore le Front national.

"Que Marion souhaite mettre en place des passerelles avec des gens qui dans la droite traditionnelle sont plus proches de nous qu'ils ne sont proches d'Emmanuel Macron, tant mieux", répond notre invitée. "Plus nous sommes nombreux à tendre la main, mieux nous nous porterons."

Quant aux ambitions prêtées à sa nièce, Marine Le Pen préfère patienter et voir avant de commenter. Mais elle "prête à Marion de la sincérité". "Si elle souhaite faire quelque chose, elle le fera. Si elle ne le dit pas, je lui accorde le bénéfice de la bonne foi et de l'honnêteté", conclut-elle.

Jérémy Maccaud