BFMTV

L'image de Marine Le Pen en chute libre

Marine Le Pen le 9 sptembre 2017 à Brachay.

Marine Le Pen le 9 sptembre 2017 à Brachay. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Dans la dernière édition du baromètre sur l'image du FN réalisé par Kantar-Sofres, tous les voyants sont au rouge à trois jours du Congrès du Front national.

Est-ce la fin d'un cycle pour le Front national? D'après la dernière édition du baromètre réalisé par Kantar Sofres-onepoint sur l'image du FN, tous les voyants sont au rouge pour le parti d'extrême droite. Dix mois après la présidentielle, l'image de Marine Le Pen est en chute libre, et le taux d'adhésion aux idées du parti est aussi en forte baisse. La mauvaise prestation du parti à la présidentielle et aux législatives semble même avoir mis à mal le travail de dédiabolisation effectué sous la présidence de Marine Le Pen. Un constat d'autant plus cinglant que le parti tient samedi et dimanche son Congrès à Lille, un rendez-vous qui doit être celui de la refondation et de la reconquête.

Image écornée

Cette étude publiée ce mercredi pour Le Monde, Franceinfo, LCP-Assemblée nationale et Public Sénat a été réalisée du 22 au 26 février auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes interrogées en face à face. Ce qui ressort tout d'abord est une image écornée de Marine Le Pen auprès du grand public. Entre 2016 et 2017, Marine Le Pen avait gagné quelques points, notamment sur son caractère "volontaire", sur sa capacité à "prendre des décisions" et sur son quotient de "sympathie".

Dans l'édition 2018, tous les voyants sont en baisse par rapport à 2016 et surtout à 2017. Une majorité (66%) continue de la considérer comme une dirigeante politique volontaire, mais ce pourcentage constitue une forte baisse: -14 points par rapport au chiffre de 2017 (80%). 49% des personnes interrogées la pensent capable de prendre des décisions, un chiffre en baisse de 20 points. 40% pensent qu'elle comprend les problèmes des Français (-9 points), 30% qu'elle est capable de rassembler au-delà de son camp (-12 points) et 26% qu'elle a de nouvelles idées pour résoudre les problèmes de la France (-10 points).

kantar
kantar © -

Un socle de fidèles parmi les sympathisants

Du côté des sympathisants FN, le constat est en demi-teinte. Comme les Français dans leur ensemble, ils sont plus nombreux à n'adhérer ni aux constats de Marine Le Pen ni aux solutions qu'elle propose, mais sa légitimité n'est pas remise en question: 86% des sympathisants souhaitent qu'elle soit candidate à la prochaine présidentielle, en 2022 (contre 28% pour l'ensemble des Français).

D'un point de vue général, le taux d'adhésion aux idées du parti est en baisse et revient à son niveau d'avant 2012, alors qu'il avait fortement augmenté après l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti après 2011. 24% des Français se disent désormais d'accord avec les idées défendues par le parti (-9 points par rapport à 2017), contre 70% qui se disent opposés à elles. La part des Français n'ayant jamais voté pour le FN et n'envisageant pas de le faire est par ailleurs en hausse: ils sont deux tiers (+2 points depuis 2017).

Dédiabolisation en panne

Enfin, la dédiabolisation et la normalisation du parti semblent avoir du plomb dans l'aile. Une nette majorité (56%) de Français pensent que le FN représente un danger pour la démocratie, soit autant qu'en 2011. 51% des sondés considèrent que Marine Le Pen représente une extrême droite nationaliste et xénophobe (contre 43% en 2014). Un tiers des personnes interrogées la trouvent sympathique et chaleureuse (contre 35% en 2017), 19% la considèrent honnête et inspirant confiance (contre 28% en 2017) et 16% pensent qu'elle ferait une bonne présidente (contre 24% en 2017).

Baromètre réalisé pour Le Monde, Franceinfo, LCP-Assemblée nationale et Public Sénat réalisé du 22 au 26 février auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes interrogées en face à face.

Charlie Vandekerkhove