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François Fillon n'imaginait pas être président et mis en examen

François Fillon

François Fillon - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

François Fillon reste persuadé qu'il a été victime d'un complot, mais ne voit pas comment il aurait pu être président de la République en étant mis en examen.

La poussière est retombée dans le champ de ruines, et François Fillon semble peu à peu en revenir à ses principes. Celui qui, candidat à la primaire de la droite, demandait si l'on pouvait imaginer le général de Gaulle mis en examen, reconnaît du bout des lèvres qu'il ne se voyait pas président de la République et mis en examen. Comme le raconte Le Point, le battu de l'élection présidentielle, confie à un proche, après avoir vu les images de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron:

"Quand j'ai vu les images de la passation de pouvoir, Macron remontant les Champs-Élysées, passant les troupes en revue, regardant le président du Conseil constitutionnel dans les yeux, comment peut-on faire tout ça avec une mise en examen ?"

Aveuglement

L'hebdomadaire relate l'aveuglement de François Fillon au moment du déclenchement de l'affaire. Le candidat, contacté par Le Canard enchaîné plusieurs mois avant la parution du premier article sur l'affaire Penelope, discute le 24 janvier, veille de la parution de la "bombe"' de l'hebdomadaire satirique, avec Bruno Le Maire. " Oui, c'est embêtant", " je vais gérer", lâche seulement le vainqueur surprise de la primaire de la droite.

"Quelques jours avant la parution, quelqu'un du journal a téléphoné à son attachée de presse, Myriam Lévy, confie un membre du premier cercle de François Fillon. Mais elle s'est contentée de le dire à François sans partager l'information."

À demi-mot, la directrice de la communication du candidat, Anne Méaux, appelée à la rescousse de François Fillon, indique une gestion de crise difficile dans l'état-major du candidat. "Je lui ai toujours donné de bons conseils, il ne les a pas tous écoutés", explique-t-elle.

Coup de grâce

Le coup de grâce de la campagne intervient avec "l'affaire des costumes", explique au Point l'avocat d'affaires Antoine Gosset-Grainville.

"Les costumes, ça nous scie les pattes. Une telle violence affecte la lucidité de François, c'est un piège et, en temps normal, il ne serait pas tombé dedans."

Anne Méaux veut croire que sans cette nouvelle affaire, François Fillon l'aurait emporté. S'il affirme avoir tourné la page, ce dernier persiste à vouloir prouver qu'il a été victime d'un complot. À un parlementaire, il confiait récemment: "J'ai été traité différemment de Bayrou, de Ferrand... Leurs affaires sont sorties après les législatives, après la trêve judiciaire." 

Louis Nadau