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Mélenchon veut prendre du recul par rapport au Front de gauche

Jean-Luc Mélenchon pendant les grèves de la SNCF, le 19 juin 2014.

Jean-Luc Mélenchon pendant les grèves de la SNCF, le 19 juin 2014. - -

S'il n'entend certainement pas se retirer de la vie politique, la lassitude de Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Front de gauche est réelle.

Prendre une pause pour réfléchir à sa stratégie politique et reconstituer la "couche du terreau" idéologique de son parti. Jean-Luc Mélenchon dresse un constat particulièrement sévère sur le Front de gauche, le considérant "en échec" et exprime son souhait de prendre du recul pour faire de la politique "autrement".

"On est dans une période où l'on a besoin de se reposer. Parce qu'on vient de passer cinq ans terribles. Nous sommes en échec", a déclaré le coprésident du PG, dans une interview à Hexagones, un site d'informations en ligne.

"Pour moi, la séquence (du FG) a été écrite entre deux européennes: on a fondé le FG pour les européennes de 2009 et à la suivante on passait devant le PS. Tout était en place. Tout ça a été planté pour une poignée de postes aux municipales", a-t-il déploré en faisant allusion aux accords conclus entre le PCF et le PS lors de la campagne pour les municipales.

"A un moment, il faut s'arrêter de courir" et "donner du contenu"

Car pour lui, le fond du problème du Front de gauche, qu'il a contribué à créer en 2008, réside bien là: "l'ambiguïté depuis le début" sur l'attitude à avoir à l'égard du Parti socialiste. Les communistes estiment, selon lui, qu'on "peut rectifier le tir du PS" tandis que d'autres, comme le PG, considèrent qu'il faut l'autonomie par rapport au parti de la rue de Solférino.

"A un moment, il faut s'arrêter de courir. Parce que si on court tout le temps, on va finir par se mettre dans le vide. Et là, j'ai besoin de dormir, de ne rien faire, de bayer aux corneilles", dit-il dans cette interview où perce souvent une réelle lassitude.

"Et puis après, il y aura à travailler pour donner un contenu concret à des idées assez générales (...) La question pour nous n'est pas de faire un parti révolutionnaire, c'est d'aider à la naissance d'un peuple révolutionnaire. Vu ce qu'on a à faire, il faut tout changer en profondeur", poursuit Jean-Luc Mélenchon.

"Je ne peux plus continuer comme ça"

Le responsable du Parti de gauche exprime d'autre part son souhait de prendre un certain recul. "J'aspire à ce que le niveau de pression sur moi baisse. Ca fait cinq ans que ça dure et ce n'est pas bon. On finit par ne plus raisonner aussi tranquillement qu'on le devrait", déclare le responsable politique.

"Pour moi, ce n'est pas de me mettre en retrait, c'est m'utiliser autrement", insiste-t-il avant de conclure: "J'ai besoin de temps, je ne peux plus continuer comme cela".

On indiquait peu après dans son entourage qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une volonté de retrait de la vie politique. Il était d'ailleurs annoncé mardi qu'il participerait le lendemain à la manifestation propalestinienne à Paris. "Il y a chez lui (l'envie) d'être peut-être moins au premier plan d'un point de vue opérationnel mais ce n'est en aucun cas un retrait politique", a confirmé Eric Coquerel, secrétaire national du PG.

Du côté du PCF, on ne voulait pas réagir aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon. "Ce n'est pas le moment. Il y a besoin de réfléchir, de faire le point" et la réunion du 6 septembre permettra de "réfléchir tous ensemble. Chacun aura pris son temps".

D. N. avec AFP