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Mélenchon et les policiers: "franchement, le mot 'barbares', je ne l'aurais pas utilisé", déclare Autain

Invitée de BFMTV et RMC, la députée LFI de Seine-Saint-Denis s'est dite "lasse" des polémiques à répétition au cœur desquelles se trouvent plongés son mouvement et son dirigeant.

Un pas dedans, un pas à côté. Invitée ce jeudi matin de BFMTV et RMC, la députée insoumise Clémentine Autain a été contrainte de réagir à l'une des dernières polémiques à toucher de près ou de loin Jean-Luc Mélenchon. En l'espèce, il s'agit de son usage du mot "barbares" pour qualifier des policiers, durant une conversation privée lors d'un rassemblement contre la réforme des retraites, mardi. Un propos qui a incité un syndicat de policiers à lancer un appel à manifester devant le siège parisien de La France insoumise.

"Franchement, le mot 'barbares', je ne l'aurais pas utilisé, parce qu'il est fort et aussi parce qu'il globalise. Ce qui n'est pas notre position, ni celle de Jean-Luc Mélenchon", a assuré l'élue LFI de Seine-Saint-Denis. 

Alors que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a demandé, au nom des forces de l'ordre, des "excuses" au leader de la gauche radicale, Clémentine Autain a estimé avoir "aucune leçon à donner à Jean-Luc Mélenchon". Et de soulever qu'aujourd'hui, "quand on manifeste en France, on est face à un dispositif policier qui n'est pas approprié". Sans reprendre le vocable du député des Bouches-du-Rhône, l'élue francilienne a donc fustigé "l'impunité" qui sévit selon elle dans les rangs de la police.

"Je suis lasse"

Invoquant la menace de mort dont Jean-Luc Mélenchon avait fait l'objet durant la campagne présidentielle, Clémentine Autain a tenté d'interpréter ses propos: 

"Je ne crois pas qu'il imagine que les policiers vont le tuer. (...) On avance dans un monde où effectivement, à chaque instant, vous pouvez être filmé quand vous êtes une personnalité publique." 

Réitérant son désaccord avec le refus, exprimé par Jean-Luc Mélenchon, d'accréditer dorénavant les journalistes de Quotidien, la députée de Seine-Saint-Denis a défendu la liberté de la presse, ainsi que le droit de critiquer celle-ci.

"On est aussi dans un moment politique (...) où on va de polémique en polémique, et on perd le fil de la proposition de fond. (...) Je suis lasse, de jour en jour, d'être de polémique en polémique en ayant le sentiment que, nous tous, notre famille politique au sens large, n'arrivions pas à être suffisamment audibles sur les enjeux, qui sont des enjeux majeurs."
Jules Pecnard