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Attaqué sur son statut d'auto-entrepreneur, Corbière dénonce le "poujadisme" d'une critique de France Inter

Le député de la France insoumise Alexis Corbière, le 19 mars 2018 sur France Inter.

Le député de la France insoumise Alexis Corbière, le 19 mars 2018 sur France Inter. - Capture France Inter

Le député de la France insoumise Alexis Corbière n'a pas apprécié un billet humoristique de France Inter ce lundi matin, qui pointait du doigt sa qualité d'auto-entrepreneur pendant la campagne présidentielle. Un statut pourtant décrié par la France insoumise.

La plaisanterie lui est restée en travers de la gorge. Ce lundi matin sur France Inter, le député de la France insoumise Alexis Corbière n'a pas vraiment apprécié la chronique de Charline Vanhoenacker.

"On n'est pas bien là, tous ensemble, M. Corbière? Entre chroniqueurs rémunérés par le pouvoir public?", lui a d'abord lancé la journaliste et humoriste, lui souhaitant la "bienvenue dans la grande famille du service public".

"Alexis, je découvre qu'on est collègues. Mais si, avec le remboursement des frais de campagne, c'est l'Etat qui a financé vos prestations dans les médias et d'autres, on l'a entendu", a-t-elle poursuivi, faisant référence à sa rémunération pendant la campagne présidentielle.

Le 16 mars, Le Monde révélait que l'ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon avait été rémunéré 205 euros la journée d'apparitions médiatiques.

"L'ubérisation du Parti de gauche, c'est quand même spécial"

Mais ce n'est pas tant cette première partie de chronique que la suite qui a agacé Alexis Corbière. Charlie Vanhoenacker a également abordé le statut d'auto-entrepreneur qu'il a pris pendant la campagne, comme l'a souligné une enquête de Radio France fin février.

"En plus vous êtes auto-entrepreneur, et ça, ça a dû être une douleur d'endosser ce statut", a-t-elle relevé, l'auto-entreprenariat étant décrié depuis des années par Jean-Luc Mélenchon puis la France Insoumise.

"L'ubérisation du Parti de gauche, c'est quand même un peu spécial", a commenté la chroniqueuse.

"Auto-entrepreneur, c'est aussi ça de se lancer dans une campagne électorale quand on n'a pas d'amis banquiers, ni d'amis russes. Et c'est pour ça que vous en êtes rendus là. Et puis c'est pas si incohérent, puisqu'auto-entrepreneur, c'est aussi être insoumis à certaines cotisations et à la TVA", a-t-elle développé.

Avant de conclure: "C'est la révolution qui serait un peu en marche, en toute flexisécurité, donc vous méritez le nom de France insoumise, parce qu'avec vous, la France est même insoumise à quelques-uns de ses propres principes."

"C'est scandaleux ce que vous venez de faire"

"Vous n'avez pas le droit de dire ça", a réagi Alexis Corbière. "Je paie des cotisations. C'est scandaleux ce que vous venez de faire. Je vous le dis gentiment parce que je vous écoute", a-t-il d'abord déclaré.

"Moi j'ai payé l'URSSAF. Pourquoi vous faites pas de billet quand c'est Benjamin Griveaux qui vient?", a ensuite soulevé le député, après la précision de la journaliste sur l'exonération de certaines cotisations grâce au statut.

"J'appelle ça du poujadisme, franchement", a-t-il fini par s'emporter. "Tout ce que j'ai lu de dégueulasse ces derniers jours, vous l'avez traité dans un papier."

Plus tôt dans l'émission, Alexis Corbière avait justifié le recours au statut d'auto-entrepreneur par l'incertitude de la campagne.

"Il fallait un statut précaire parce que jusqu'au 18 mars nous n'avions pas les 500 signatures, les banques ne nous avaient pas donné d'argent et je voulais toutes les fins de mois pouvoir dire: j'arrête d'être rémunéré", avait-il expliqué.

Liv Audigane