BFMTV

Corbière défend le "droit de critiquer la presse"

Alexis Corbière

Alexis Corbière - Capture BFMTV

Alexis Corbière poursuit l'offensive critique lancée par La France insoumise à l'encontre des "médias mainstream".

C'est un nouvel épisode de la chronique chargée des rapports conflictuels qu'entretiennent France insoumise et "média mainstream": ce lundi sur notre antenne, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, a prolongé la critique de la presse chère à l'ancien sénateur socialiste, dont une note de blog au vitriol affirmait la semaine dernière que "la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine". 

"On a le droit de critiquer la presse, on a le droit d’être en colère, on a le droit de considérer qu’il y a parfois de la part de la presse des comportements qui sont d’une telle distance, d’un tel mépris pour les citoyens, qu’on est en droit de s’en indigner", a ainsi affirmé Alexis Corbière. 

Presse "militante"

Ce dernier a notamment dénoncé un coup monté, après que plusieurs médias ont mis en avant de possibles surfacturations de prestations par des proches de Jean-Luc Mélenchon, destinées à obtenir davantage de remboursements des frais de la campagne présidentielle 2017.

"Quand il y a une mobilisation sociale, quand nous progressons dans les élections, il faut inventer une affaire des comptes de campagne. (...) C'est du militantisme ça, c'est pas du journalisme", a-t-il accusé. 

Le député de Seine-Saint-Denis s'est ensuite lancé dans une diatribe contre le manque d'indépendance des médias:

"Aujourd’hui dans la presse, Matthieu Croissandeau, directeur du Nouvel Obs, se fait virer parce qu’il a fait une Une qui n’a pas plus à Emmanuel Macron. Je suis administrateur de LCP, j’affirme à ce micro qu’actuellement il y a une volonté de reprise en main de la part de monsieur Macron pour placer l’un de ses amis (...). Le président veut virer madame Ernotte de la tête de France Télévisions pour placer un ami à lui. La société des journalistes du Parisien, (...), s’inquiète du fait que Bernard Arnault, principal actionnaire, impose des Unes favorables à son ami Bompard, le PDG de Carrefour, etc., etc… votre métier est en danger!", juge l'insoumis. 

Uniformité

La presse souffre, selon lui, d'un manque de pluralisme, par exemple illustré par le "discours médiatique" sur la réforme de la SNCF. "Vous trouvez normal que tout ce que je vais appeler l’éditocratie soutienne la réforme de la SNCF, et développe un discours comme quoi il y aurait un problème avec le statut des cheminots?", interroge Alexis Corbière.

"Au bout d’un moment on se dit ‘dans quel pays on vit ?’ Ça me rappelle 2005, tout le monde était pour le ‘oui’ au traité constitutionnel, quand on était pour le ‘non’, on était montré du doigt."

L'ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs annoncé porter plainte contre Le Parisien, qui qualifiait de "moralement douteux" l'utilisation du statut d'auto-entrepreneur - vertement critiqué par La France insoumise - par Alexis Corbière pour salarier son rôle dans la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Louis Nadau