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Castaner "choqué" par la une de L'Obs dénonçant la politique migratoire de Macron

Le numéro de L'Obs consacré à la politique migratoire d'Emmanuel Macron.

Le numéro de L'Obs consacré à la politique migratoire d'Emmanuel Macron. - Montage BFMTV.com

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire étrille l'action du président et du gouvernement, alors que le projet de loi sur l'immigration et l'asile se prépare. Le délégué général de La République en marche accuse le magazine de vouloir vendre.

Le projet de loi immigration et asile se transforme peu à peu en épreuve de force pour le gouvernement. Critiquée pour certaines de ses dispositions par les associations d'aide aux migrants, par des maires, par toute l'aile gauche de l'éventail politique et même certains membres de la majorité, cette réforme est dénoncée ce jeudi dans L'Obs. En couverture, un portrait d'Emmanuel Macron recouvert de fils barbelés, avec pour titre: "Migrants - Bienvenue au pays des droits de l'homme". Une prise de position sans équivoque contre la politique migratoire du président de la République, accusé de faire aussi bien, voire pire, que la droite, et que regrette Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche.

"C’est le choix éditorial de L’Obs, qui pense qu’il faut faire ce type de une pour mieux vendre. Peut-être que ça leur permettra de mieux vendre. J’avoue que ça ne correspond pas à la ligne éditoriale du lecteur, de l’abonné que je suis à titre personnel", a-t-il déclaré ce jeudi matin sur Franceinfo.
"Quand j’ai vu cette une elle m’a choqué parce qu’elle ne correspond pas à la réalité", a-t-il ajouté.

La pression monte sur l'exécutif

Alors que beaucoup dénoncent le "double discours" et "l'imposture" de l'exécutif, qui continue de vanter un idéal "humaniste" en parallèle de cette réforme, Christophe Castaner a estimé sur Franceinfo qu'"humanisme et pragmatisme ne sont pas incompatibles". 

Le Premier ministre reçoit ce jeudi à Matignon les associations d'aide aux migrants. Une vingtaine d'entre elles ont annoncé leur volonté de saisir le Conseil d'Etat à propos de la circulaire de l'Intérieur qui prévoit le recensement des migrants dès leur placement en centre d'hébergement, afin de départager ceux qui peuvent prétendre au statut de réfugiés de ceux qui ont migré pour des raisons "économiques". Un moyen également d'identifier les "dublinés", qui peuvent être expulsés parce qu'ils auraient dû faire leur demande d'asile dans le premier pays européen dans lequel ils ont été contrôlés.

Le Clézio dénonce un "déni d'humanité insupportable"

Dans son dossier spécial, L'Obs consacre un article à ces réfugiés en particulier, qui sont près de 40.000 en France en 2017. Pascal Brice, haut fonctionnaire et patron de l'Ofpra (Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides) y dénonce un règlement "kafkaïen" et une politique européenne en matière d'asile qui lui donne des "cauchemars" la nuit. Dans un autre article, l'écrivain et prix Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio fustige le "tri des migrants" et y voit un "déni d'humanité insupportable". 

Alors que l'Eglise appelle à "sanctuariser" les centres d'hébergement, le président de la Conférence des évêques de France estime dans un entretien à L'Obs que "la France pourrait faire plus et mieux". Pour Louis Gallois, le président de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, interrogé également, il en va de l'honneur de la République.

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Charlie Vandekerkhove