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"Il y a urgence": 7 maires demandent à Macron d'en faire plus pour les migrants

Alain Juppé fait partie des sept maires ayant signé la tribune publiée dans Le Monde

Alain Juppé fait partie des sept maires ayant signé la tribune publiée dans Le Monde - MEHDI FEDOUACH / AFP

Sept maires de grandes villes, dont Alain Juppé et Martine Aubry, dénoncent dans une tribune l’insuffisance des moyens destinés à l’hébergement des migrants.

"Il y a urgence". Alors que l'exécutif prépare une loi particulièrement ferme sur la question migratoire, sept maires de grandes villes s'inquiètent du manque de moyens alloués par l'Etat aux structures d'accueil des migrants.

Nathalie Appéré (Rennes, PS), Martine Aubry (Lille, PS), Alain Juppé (Bordeaux, LR), Jean-Luc Moudenc (Toulouse, LR), Eric Piolle (Grenoble, EELV), Roland Ries (Strasbourg, PS) et Johanna Rolland (Nantes, PS) ont tous signé une tribune publiée samedi dans Le Monde pour appeler Emmanuel Macron à en "faire plus". 

"Au pied du mur"

"L'année 2017 s'achève sur une hausse massive de la demande d'asile et l'arrivée des nouveaux arrivants met sous une extrême tension - particulièrement avec le début de la vague de froid - les politiques publiques et institutionnelles classiques", constatent-ils.

Les maires, qui déplorent des dispositifs consacrés à l'hébergement des demandeurs d'asile "complètement saturés", réclament "une rencontre élargie avec l'Etat au plus haut niveau". Et rappellent le rôle de l'Etat dans cette situation:

"Nous sommes au pied du mur. L'Etat qui - rappelons-le - est en responsabilité pleine et entière sur la mise en œuvre de la politique migratoire et de l’accueil des migrants (...) doit engager de nouvelles mesures, aussi fortes qu'innovantes, pour se hisser enfin à la hauteur de la crise que nous traversons."

"Accueillir dignement les nouveaux habitants"

Les sept signataires, qui se considèrent "au front face aux personnes en détresse, aux citoyens, aux associations", appellent le gouvernement à agir rapidement pour "accueillir dignement les nouveaux habitants".

L'Etat doit "assumer ses pouvoirs régaliens, financer ces actions développées et proposer un cadre de travail clarifié avec les collectivités en vue d’un véritable plan d’accueil des migrants, qui réponde à leurs droits fondamentaux (nourriture, accès aux soins…)" expliquent-ils. Avant de conclure: "Cet accueil est une véritable obligation éthique et un défi que notre humanité doit relever".

Céline Penicaud