BFMTV

Après "Ali Juppé", la fachosphère s'attaque à "Farid Fillon"

François Fillon le 15 décembre 2016 à Bruxelles

François Fillon le 15 décembre 2016 à Bruxelles - Thierry Charlier-AFP

Après Alain Juppé, c'est au tour de François Fillon d'être la cible de militants d'extrême droite. Le candidat Les Républicains à la présidentielle 2017 est au cœur d'une campagne de dénigrement, rebaptisé "Farid Fillon".

Après "Ali Juppé", "Farid Fillon". Le candidat de la droite pour 2017 est au cœur d'une campagne menée sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours pour dénoncer sa supposée proximité avec des islamistes radicaux.

Avant lui, Alain Juppé avait été rebaptisé par la fachosphère et ciblé lui aussi par des accusations similaires. On lui a reproché le projet de Grande mosquée de Bordeaux, approuvé par Alain Juppé, mais qui n'a finalement jamais vu le jour. Une campagne que l'ancien Premier ministre avait qualifiée de "dégueulasse" et qu'il avait ensuite jugée responsable de son échec à la primaire.

François Fillon avec une longue barbe

Comme le rapporte Franceinfo, l'expression "Farid Fillon" est apparue le 20 novembre, au soir du premier tour de la primaire à droite. Le hashtag a connu un pic samedi avec plus de 5.000 messages échangés.

Il est reproché à François Fillon d'avoir inauguré en 2010 la mosquée Al Ihsan à Argenteuil dans le Val-d'Oise, l'une des plus grandes d'Europe. Marion Maréchal-Le Pen a ressorti la vidéo de son discours et l'a posté sur sa page Facebook, évoquant "le Premier ministre qui inaugure la plus grande mosquée d'Europe à coté d'une fillette en hijab et se félicite de l'islamisation de la France". Des accusations relayées par ses soutiens ou ceux de la présidente du Front national, Marine Le Pen, souvent accompagnés de montages photos d'un François Fillon portant une longue barbe.

François Fillon est également accusé d'avoir délivré, lorsqu'il était chef du gouvernement, un certain nombre de visas à des ressortissants algériens ou encore de compter, parmi les membres de son équipe, des personnes qui entretiendraient des liens particuliers avec des mosquées.

Certains membres du Front national, comme le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier, le président du groupe FN au conseil régional d'Ile-de-France Wallerand de Saint-Just et le député européen Bernard Monot, ont par ailleurs relayé et détourné des propos du candidat de la droite qui seraient la preuve de ce soutien. 

Des propos sortis de leur contexte qui avaient été prononcés en 2009 et non en 2016, comme l'assure pourtant le post.

"Il est normal et légitime que les pratiquants puissent exercer leur foi dans des conditions dignes. Et on ne dira jamais à quel point il faut préférer des mosquées ouvertes à des caves obscures. Quant aux minarets, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu'ils doivent s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social."

"Ça n'a rien de spontané, c'est un mouvement organisé"

Face au phénomène, les proches de François Fillon ont réagi. Invité sur RTL et LCI dimanche, Jérôme Chartier, conseiller spécial du candidat, a dénoncé une campagne calomnieuse.

"L'objectif de cette 'fachosphère' est de faire en sorte de reproduire le coup 'd'Ali Juppé'. Mais sauf que maintenant, tout le monde sait que c'est eux, alors qu'avant personne ne savait. Tout le monde pensait que c'était un mouvement spontané. Ça n'a rien de spontané, c'est un mouvement organisé par la 'fachosphère'. Et le simple fait de les dénoncer, c'est aussi commencer à les combattre."

Céline Hussonnois-Alaya