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En Belgique, Macron interrompu par un étudiant qui le traite de "menteur"

Emmanuel Macron a pris la parole devant des étudiants ce mardi à Louvain, en Belgique, lors d'un rendez-vous public consacré à l'Europe. Un curieux dialogue s'est alors engagé entre lui et un jeune homme présent dans le public, qui brandissait une banderole l'accusant d'avoir du sang sur les mains.

Alors qu'il séjourne en Belgique, le temps d'une visite d'Etat en ce début de semaine, Emmanuel Macron a fait escale à Louvain. Il s'agissait pour lui de participer à une rencontre publique intitulée "Nous, demain, l'Europe" avec le Premier ministre belge, Charles Michel, devant un parterre d'étudiants. Mais son discours ne s'est pas déroulé comme prévu: le chef de l'Etat a été interrompu par un membre de l'assistance qui brandissait une banderole. "Le sang coule de leurs mains, renseignez-vous", pouvait-on y lire. 

"Il faut dire des mains de qui?" a d'abord demandé Emmanuel Macron. "Pourquoi vous matraquez vos étudiants? Pourquoi vous êtes le seul pays qui utilise des grenades contre sa propre population?" lui a crié en retour le jeune homme. "Là, vous dites n'importe quoi", a rétorqué Emmanuel Macron à celui-ci, qui l'a également traité de "menteur". 

"Ne mettez pas des papiers partout!"

Le président de la République a ensuite demandé à son interlocuteur de ne pas "l'invectiver" et à la sécurité de ne pas l'expulser de la salle. '"C’est un lieu de discussion. Je réponds d’abord à votre camarade puis je vous répondrai", a-t-il poursuivi. Emmanuel Macron s'est ensuite inquiété du jet de tracts de son détracteur. "Et ne me mettez pas des papiers partout car quelqu’un va les ramasser et ce ne sera pas vous", a-t-il lancé. 

Revenant sur l'épisode des blocages d'universités il y a quelques mois, Emmanuel Macron a plus tard développé sa réponse aux accusations mais celui qui les avait formulées était alors parti de lui-même. "En France, les CRS ne s’attaquent pas aux étudiants. Il y a pendant des jours et des jours des étudiants et beaucoup de non-étudiants, y compris un petit chien extrêmement sympathique qui avait un compte Twitter, qui ont saccagé l’université de Tolbiac", a-t-il commencé. 

L'ironie de Macron 

Un brin ironique, il a enchaîné: "Il faut arrêter les bêtises! La moitié des gens ne sont pas des étudiants là depuis longtemps, ce sont des groupes anarchistes. Malheureusement, ils ont arrêté les études depuis très longtemps et n’ont pas envie de s’y remettre. Je serais très favorable à ce qu’ils reprennent les études mais eux n’ont pas envie."

"Il n’y a eu aucune intervention avec de la violence contre eux. Il y a eu beaucoup de blessés dans nos forces de l’ordre, il n’y en a pas eu de leur côté", a encore dit Emmanuel Macron. Enfin, le chef de l'Etat a clos sa réponse en parlant de l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. "Et nous avons évacué des gens à Notre-Dame-des-Landes, car je pense qu’il faisait référence à ça, comme nous allons continuer à le faire" quand l'ordre public est mis en cause, a-t-il avancé.

Mathieu Coache avec R.V.