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Réforme constitutionnelle: Macron veut "oxygéner" la Ve République

Emmanuel Macron à Colombey-les-Deux-Eglises ce jeudi 4 octobre.

Emmanuel Macron à Colombey-les-Deux-Eglises ce jeudi 4 octobre. - -

À l'occasion des 60 ans de la Ve République, le président s'est exprimé devant le Conseil constitutionnel pour relancer l'examen de la réforme de la Constitution dès janvier 2019.

Suspendue à cause de l'affaire Benalla cet été, la réforme de la Constitution reviendra devant le Parlement "début janvier", a annoncé Emmanuel Macron ce jeudi lors de sa visite à Colombey-les-Deux-Eglises en Haute-Marne

"Je sais que le gouvernement, par le dialogue, avec l'Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme" a déclaré le chef de l'Etat devant 200 personnalités parmi lesquelles Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy, alors qu'il réaffirmait son attachement à la Constitution de la Ve République, promulguée il y a 60 ans, à l'initiative du général De Gaulle.

"Oxygéner" les institutions

Pendant son discours, Emmanuel Macron a multiplié les parallèles entre 1958 et aujourd'hui. Cette révision constitutionnelle a pour objet d'"oxygéner" la vie politique et de "répondre à une crise", notamment la crise de "confiance entre les électeurs et la classe politique". "Cette érosion est mortelle", a-t-il averti.

La réforme entend construire une démocratie "plus représentative, responsable et efficace". Emmanuel Macron a réitéré les mesures déjà évoquées, parmi lesquelles le non-cumul des mandats dans le temps, la suppression de la Cour de justice de la République, la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, l'accélération de la procédure parlementaire ainsi que la formation et la responsabilité disciplinaire des magistrats.

Faire face "aux déferlantes et aux vents contraires"

"Qu'on ne prétende pas gouverner la France si l'on n'est pas prêt aux déferlantes et aux vents contraires" a encore déclaré le chef de l'Etat sans évoquer directement les difficultés politiques des dernières semaines. Il a ensuite dénoncé avec force "la tyrannie de l'immédiat, le règne de l'image et le goût pour l'écume des jours" qui "n'aident pas à mener une action sereine".

Interrogé pour savoir s'il considère que la Constitution donne trop de pouvoir au président, Emmanuel Macron a répondu "Non, je ne crois pas (...) Aucun pays n'avance si on ne décide pas".

Jeanne Bulant