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Pour Ciotti, "quand Collomb dit qu'il ne connaît pas Benalla, c'est une fable"

Eric Ciotti

Eric Ciotti - Capture d'écran BFMTV

Interrogé au micro de BFMTV sur l'affaire Benalla, ce chargé de sécurité au rôle trouble filmé en mai en train de frapper des manifestants, le député LR Eric Ciotti a jugé peu crédibles les propos du ministre de l'Intérieur lundi à l'assemblée.

"Emmanuel Macron doit des comptes aux Français" pour Eric Ciotti. Au micro d'Apolline de Malherbe sur BFMTV, le député LR est revenu sur l'affaire Benalla, sur laquelle il planche au sein de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, transformée depuis le début de la semaine en commission d'enquête. Une enquête parlementaire "au cœur de nos institutions démocratiques", a jugé Ciotti, balayant d'emblée les accusations de "tribunal politique" lancées par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. 

Revenant sur la première convocation lundi de cette commission parlementaire, celle du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, Eric Ciotti n'a pas mâché ses mots, évoquant une "audition très embrouillée" et dénonçant même quelques menus arrangements avec la vérité.

"Quand [Gérard Collomb] dit qu’il n’en a pas parlé avec le président de la République c’est une fable. Quand il dit qu’il ne connaît pas monsieur Benalla c’est une double fable. C’est le chef de cabinet de monsieur Collomb qui a recruté Benalla", s'est insurgé Eric Ciotti. 

Pour le parlementaire, si dysfonctionnement il y a eu, il n'est pas à chercher du côté des hauts fonctionnaires comme le directeur de cabinet Patrick Strzoda ou le préfet Michel Delpuech, "qu'on a voulu mettre en cause de façon un peu facile", mais bien du côté du gouvernement et de l'Elysée. Selon lui, Alexandre Benalla a bénéficié de protections du plus haut sommet de l'Etat. 

"Pourquoi à 26 ans occupait-il cette place au cœur de nos institutions? Il est fait lieutenant colonel alors qu’il était brigadier. Il bénéficie d’un logement de fonction quai Branly, au cœur de la République. Pourquoi un collaborateur qui n’est pas de premier rang aurait un appartement qui appartient à la présidence?" a accusé encore Ciotti. 

Des sanctions "fictives"

Au sujet des sanctions que l'Elysée assure avoir imposées à Alexandre Benalla après le 1er mai, remises en cause lundi par l'audition du directeur de l'ordre public de la police Alain Gibelin, Eric Ciotti a évoqué clairement une "sanction fictive". "On dit qu’il n’occupait plus des fonctions de sécurité, c’est faux: il était dans le bus des Bleus, à la panthéonisation de Simone Veil et le 14 juillet dans la tribune officielle”.

Si selon lui, Emmanuel Macron ne doit pas être convoqué par les députés - au motif que cela "affaiblirait la fonction institutionnelle du président" - il convient désormais d'entendre ses plus proches collaborateurs et, en premier lieu, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler. "Nous le demandons depuis la première heure et nous l’obtiendrons", a assuré Eric Ciotti. 

Claire Rodineau