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Élysée

"Ne soyons pas faibles": l'appel de Macron à l'Europe

Le président français a reçu des mains de la chancelière allemande le prix Charlemagne, qui distingue ceux qui s'engagent pour "l'unification européenne". Emmanuel Macron a livré un discours, remanié jusqu'au dernier moment, dans un contexte particulier pour l'Europe confrontée au retrait des Etats-Unis de l'accord iranien.

Il devait s'exprimer sur sa vision à long terme de l'Europe mais Emmanuel Macron a été rattrapé par l'actualité internationale. Au lendemain du retrait des Etats-Unis de l'accord iranien et des frappes d'Israël contre des sites militaires iraniens, le président de la République a défendu, à Aix-la-Chapelle, avec insistance et fermeté "la souveraineté européenne" face aux "grandes menaces" et aux "grand déséquilibres" du monde.

"Ne soyons pas faibles (...), a lancé le chef de l'Etat distingué ce jeudi par le prix Charlemagne, la plus prestigieuse et ancienne distinction européenne remise à ceux qui s'engage pour l'unification européenne. Voulons-nous subir, acceptons nous la règle de l’autre ou la tyrannie des événements ou faisons-nous le choix de décider pour nous-même et donc oui d'une souveraineté européenne."

En marge de cette cérémonie qui s'est déroulé à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont entretenus autour de la question de l'accord iranien. Alors que le président français avait déjà appelé à une "désescalade" entre Israël et l'Iran, la chancelière allemande a estimé que "le temps où l'on pouvait compter tout simplement sur les Etats-Unis pour nous protéger est révolu". "L'Europe doit prendre son destin elle-même en main, c'est notre défi pour l'avenir", a-t-elle ajouté.

Trump attaqué

Sans jamais citer les Etats-Unis ou Donald Trump, Emmanuel Macron a voulu s'inscrire comme le défenseur de l'accord iranien. "Nous avons fait le choix de construire la paix et la stabilité au Proche et Moyen-Orient. Nous l’avons souverainement assumé, nous l’avons collectivement porté", rappelle le président de la République. Défiant alors son homologue américain, dont les relations amicales affichées à Washington ont été rompues avec la décision de déchirer l'accord iranien.

"D’autres puissances, toutes aussi souveraines que nous, ont décidé de ne pas respecter leur propre parole. Devons-nous renoncer pour autant à nos propres choix."

En réponse aux menaces de Donald Trump de sanctionner l'Europe si elle continue à travailler avec l'Iran, le président français a souhaité afficher une position ferme. "Qui doit décider de nos choix commerciaux?, a lancé Emmanuel Macron. Ceux qui nous menacent, ceux qui nous font du chantage en expliquant que les règles internationales qu’ils ont contribué à développer ne valent plus car elles ne sont plus à leurs avantages?"

Et d'ajouter: "Qui fera le choix d’un environnement de paix et de grands équilibres géopolitiques dans lequel nous voulons vivre? (...) Nous avons fait le choix de construire la paix et la stabilité au Proche et Moyen-Orient. Nous l’avons souverainement assumé, nous l’avons collectivement porté."

J.C.