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Légion d’honneur: Macron veut être plus restrictif

Emmanuel Macron se voyant remettre le grand collier de la Légion d'honneur le 14 mai 2017

Emmanuel Macron se voyant remettre le grand collier de la Légion d'honneur le 14 mai 2017 - Francois Mori / AFP

Le chef de l'État entend réduire considérablement le nombre de lauréats désignés pour recevoir cette distinction de prestige. Une nouvelle réforme devrait inscrire le mérite comme seul critère de sélection. L'initiative citoyenne est également encouragée.

Emmanuel Macron avait déjà annoncé la couleur. Lors de la présentation de la promotion du 14 juillet, seuls 101 lauréats avaient été retenus pour recevoir la Légion d’honneur. Et il faudra désormais s’y habituer. Le chef de l’État s’attaque aujourd’hui à la réforme de la plus haute distinction nationale instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte.

Les nouvelles modalités d’attribution ont été officialisées au cours du conseil des ministres: il s'agit d'une "forte réduction" du nombre de récipiendaires, dès la promotion du 1er janvier 2018. L'enjeu: "retrouver les valeurs initiales" de la Légion d'honneur, et lui redonner sa "grandeur", selon les termes de Christophe Castaner. "Il faut rappeler que ce sujet n'est pas accessoire. Si on veut lui donner du sens, il est essentiel de s'en emparer", a ajouté le porte-parole du gouvernement. "On n'a pas la Légion d'honneur à l'usure ou par copinage".

"Le président de la République insiste sur la valeur des bénéficiaires, il attend des dossiers fondés exclusivement sur le mérite, avec une action inscrite dans la durée, au service de l’intérêt général", expliquait l'entourage du chef de l'État dans Le Figaro.

En effet, à la lecture des quelque 600 dossiers qui attendaient d’être sélectionnés par le locataire de l’Élysée pour la promotion du 14 juillet, ce dernier s’était montré pour le moins sceptique: "Et ce chercheur, qu’est-ce qu’il a trouvé?", avait-il lâché. On devrait dès lors s’attendre à voir beaucoup moins de lauréats en 2018 qu’au début 2017 (731 décorés).

600 propositions autorisées

Pour limiter l'entre-soi, les ministres ne pourront pas proposer plus de 600 personnes à décorer. Le Conseil de l’ordre de la Légion d’honneur affinera cette liste avant que le président de la République, en tant que Grand maître de l’ordre, désigne les heureux élus. La Légion d'honneur n'est pas "un témoin d'usure mais une marque d'engagement", explique la présidence au Figaro. "Il ne suffira pas d'être un ancien appelé d'Algérie ou d'un autre théâtre d'opérations, il faudra avoir fait preuve d'un engagement dans sa mission au combat", précise encore un haut responsable au quotidienEmmanuel Macron souhaite également féminiser davantage les effectifs, par exemple en récompensant des jeunes femmes engagées dans l'associatif. 

Autre nouveauté, le chef de l’État entend encourager "l’initiative citoyenne" qui permet à chaque citoyen de proposer un nom en constituant un dossier. "La cordée républicaine doit irriguer toute la société", souligne l’Élysée. Emmanuel Macron veut également décorer des citoyens exerçant dans des secteurs d’activités émergents, comme le numérique. Pour le présidence, la réforme de la Légion d’honneur est surtout pensée pour s’adapter aux "temps modernes"

Une seule cérémonie depuis l'investiture de Macron

C’est la première fois qu’un président de la République envisage de réduire à ce point le nombre de personnes décorées. Rappelons à cet égard que Valéry Giscard d’Estaing fut le président ayant décerné le plus de rubans rouges (4600 en moyenne par an lors de son septennat) devant Georges Pompidou (4200), Nicolas Sarkozy (3461), François Mitterrand (3452), François Hollande (3444) et Jacques Chirac (3440).

Avec Emmanuel Macron, les cérémonies de remises de décorations, relativement fréquentes lors les quinquennats précédents, devraient se faire de plus en plus rares. Une seule cérémonie s’est tenue dans la salle des fêtes de l’Élysée depuis son arrivée au pouvoir. Le chef de l’État avait alors décoré six personnes rappelle Le Figaro: Monique Pelletier (ancienne ministre), Pierre Morel (résistant), Maria Nowak (spécialiste du micro-crédit), Jean-Claude Carrière (scénariste), Elizabeth Ducotet (entrepreneuse) et Julien Lauprêtre (président du Secours populaire).

P.L