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La "responsabilité", maître mot de la rentrée du gouvernement

Le gouvernement a fait sa rentrée ce lundi avec un Conseil des ministres réuni au grand complet après quinze jours de pause estivale. Au programme les sujets brûlants du moment à quelques mois de la présidentielle.

Le repos n'aura été que de courte durée pour les membres de l'exécutif. Bronzés, souriants et l'air reposé, ils étaient fin prêts pour cette nouvelle rentrée avec en ligne de mire 2017.

Au programme lutte antiterroriste, Brexit, loi Travail, éventuel geste fiscal pour les classes moyennes… Avec deux mots d'ordre: cohésion et cohérence. Un esprit d'équipe que François Hollande et Manuel Valls n'ont pas hésité à mettre en scène à travers les réseaux sociaux de l'Elysée:

Dans un premier temps, le Conseil des ministres a été l'occasion pour le chef de l'Etat de rappeler au gouvernement l'importance de l'esprit de responsabilité. Il a été rejoint sur ce point par le locataire de Matignon qui a insisté sur la nécessité de jouer collectif et de traiter les grands enjeux en restant soudés et méthodiques.

Un appel à "l'esprit de responsabilité" au-delà les murs de l'Elysée

Mais cet appel à la responsabilité n'était pas dirigé qu'aux membres de l'exécutif. Il traverse les murs de l'Elysée pour s'adresser à certains anciens membres du gouvernement, comme Arnaud Montebourg qui a fortement étrillé l'exécutif dimanche lors de son discours de candidature.

"L'esprit de responsabilité c'est le premier point qu'il faut rappeler. En politique il faut bien sûr avoir ambition personnelle, ça fait partie de ce qui fonde l'engagement. Mais elle doit être mise au service d'une ambition collective, une ambition pour la gauche, mais surtout une ambition pour la France. J'ai l'impression que beaucoup l'oublient. Une ambition personnelle n'a de sens que si elle s'inscrit dans une ambition plus large, collective. Il faut pas tomber dans l'abaissement improductif, pas redressement productif", a affirmé le porte-parole du gouvernement légèrement excédé, en raillant de manière à peine voilée le poste occupé par Arnaud Montebourg entre 2012 et 2014. 

Cet appel à la responsabilité ne vient pas par hasard. Elle sera nécessaire, d'après les mots de Stéphane Le Foll, pour que la France puisse affronter les "difficultés" auxquelles elle est sujette "au niveau international, au niveau européen et au niveau national".

Loi Travail, lutte antiterroriste, Brexit

Et les tâches que le gouvernement va devoir affronter dans les mois prochains alors que la présidentielle s'approche inexorablement ne sont pas des moindres.

Au chapitre social, c'est le serpent de mer de la loi Travail qui revient de nouveau. Malgré son adoption, les opposants à la réforme El Khomri n'ont toujours pas baissé les bras et battront le pavé lors d'une nouvelle journée d'action prévue le jeudi 15 septembre. Le gouvernement qui veut à tout prix éviter la contagion et éventuellement l'emballement. Néanmoins, les chiffres du chômage au deuxième trimestre ont mis du baume au coeur du gouvernement, s'affichant à leur plus bas niveau depuis 2012, tout juste sous la barre symbolique des 10%.

Autre sujet clef alors que la France est frappée par une vague d'attentats: la lutte antiterroriste. Le dossier sera examiné en profondeur ce mercredi lors du Conseil de défense, où le point sera fait sur les opérations extérieures menées par la France contre l'Etat islamique, Boko Haram et les réseaux jihadistes au Sahel. La sécurité intérieure ensuite. Etat d'urgence, opération Sentinelle et réserve opérationnelle seront à l'ordre du jour lors de cette réunion.

L'agenda diplomatique est toujours déterminé par les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. C'est pour cette raison que François Hollande retrouve ce lundi après-midi Angela Merkel et Matteo Renzi en Italie pour préparer le sommet post-Brexit des 27, qui aura lieu le 16 septembre à Bratislava.

Et la baisse de la pression fiscale pour les classes moyennes?

Enfin, le sujet n'a pas été abordé lors du Conseil des ministres, mais l'exécutif devra prochainement trancher sur la question d'une réduction de la pression fiscale pour les classes moyennes, à huit mois de la présidentielle.

François Hollande leur avait promis une baisse d'impôts, conditionnée par la certitude d'une croissance 2017 supérieure à celle de 2016. Pour baisser les impôts, il faudrait qu'elle soit de 1,7%. 

Marie-Caroline Meijer avec AFP