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L'Elysée songe à commémorer les 50 ans de Mai 68

Daniel Cohn-Bendit s'adresse à des étudiants devant la Sorbonne, le 3 mai 1968 à Paris.

Daniel Cohn-Bendit s'adresse à des étudiants devant la Sorbonne, le 3 mai 1968 à Paris. - UPI / AFP

La présidence veut commémorer cette date "sans dogme ni préjugé".

Sur le plan mémoriel, l'année 2018 promet d'être chargée. Elle marquera notamment le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme adoptée par les Nations unies en 1948, le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, ainsi que les 60 ans de la Constitution française, publiée le 4 octobre 1958 et instituant la Vème République. Mais l'Elysée souhaite aussi commémorer un autre événement majeur l'an prochain. Une date particulièrement clivante dans l'éventail politique: Mai 68, rapportait mercredi L'Opinion.

Comme le confirme l'Elysée, contactée par BFMTV.com, la présidence réfléchit actuellement à des célébrations. Rien n'est encore gravé dans le marbre, le projet en étant encore au stade des consultations. Plusieurs personnalités devraient y être associées. Daniel Cohn-Bendit, l'un des chefs de file de la contestation à l'époque, explique ne pas être intéressé par le projet.

"Il faut qu'ils se cassent la tête, c'est difficile de faire quelque chose d'intelligent, tout a été dit sur Mai 68", estime-t-il, contacté également. "Moi j'ai décidé de ne rien faire. Je n'ai rien à dire, je radote."

Célébrer un Mai 68 mondial

Dans les grandes lignes, des pistes se dessinent: il s'agira de célébrer non pas seulement le Mai 68 français, mais ce qui s'est passé au niveau mondial ce mois-ci, cette année-là: le Printemps de Prague en Tchécoslovaquie, la violente répression des manifestations étudiantes dans plusieurs pays d'Europe, le massacre de Tlatelolco par l'armée mexicaine à Mexico, ou encore les manifestations monstres aux Etats-Unis pour les droits civiques et après la mort de Martin Luther King.

Une ligne de fracture nette entre pro et anti

Surtout, l'Elysée dit vouloir aborder Mai 68 "sans dogme ou préjugé". Cinquante ans après, la ligne de fracture très nette entre ses pourfendeurs et ses défenseurs est encore très nette. Lors d'un meeting en avril 2007, Nicolas Sarkozy avait estimé que la présidentielle à venir devait permettre de déterminer "si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes".

Cinq ans plus tard, en octobre 2012, François Hollande lui avait répondu, lors de la convention d'investiture du Parti socialiste. ll avait salué "les piétons de Mai 68, qui marchaient la tête dans les étoiles (et qui) avaient compris qu'il fallait changer", dans une "société étriquée, archaïque".

Charlie Vandekerkhove