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Hollande et la Syrie: "Le G20 est une occasion parfaite de rassurer les Français"

François Hollande a une carte à jouer lors du G20 qui se tient en Russie

François Hollande a une carte à jouer lors du G20 qui se tient en Russie - -

L'opinion française est partagée par les prises de position de François Hollande sur le dossier syrien. Surtout, la crainte de se retrouver "seul" et la peur de "l'après" est très présente.

François Hollande le dit lui-même. Il est "déterminé" à apporter une réponse au dossier syrien, au lendemain de la profession de foi de son Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères, respectivement devant l'Assemblée nationale et le Sénat. Pour autant son action en France reste mal perçue par l'opinion, qui cherche les objectifs de toutes prises de position.. Précisions avec Jean-Daniel Lévy, directeur du Département Politique et Opinion d'Harris Interactive.

Les Français s'intéressent-ils au dossier syrien?

En temps normal, les Français se contrefichent des questions internationales et ne les lient pas aux questions intérieures mais ce n'est pas le cas pour la Syrie. C'est un sujet qui est récurrent depuis plus de deux ans dans l'actualité et c'est le troisième sujet sur lequel les Français ont le plus conversé ces derniers mois.

Et comment est perçue par l'opinion la volonté d'intervenir de François Hollande et du gouvernement?

Les Français sont attentifs et regardent la situation en Syrie sous l'angle émotionnel. C'est d'ailleurs l'un des reproches qui est fait à François Hollande. Une majorité des Français partagent un rejet, le terme "scandaleux" ressort beaucoup, des méthodes utilisées par Bachar al-Assad.

Pour autant, une majorité n'est pas favorable à une intervention car si l'on prend l'exemple du Mali, qui avait bien réussi, en termes d'images, à François Hollande, la situation est complétement différente car les buts de guerre en Syrie restent flous.

Les Français avaient perçu une nécessité de stopper l'avancée des groupes islamistes. Or en Syrie, il persiste un doute, la question de l'après est bien présente et il reste encore difficile de porter un jugement sur l'opposition. Les Français craignent un bourbier qui ressemblerait à celui des Américains en Afghanistan ou en Irak.

En 2011 lors des Révolutions arabes, nous avions mené une enquête qui avait montré une certaine crispation des Français due à une peur de l'instabilité et une incertitude face aux nouveaux régimes.

Les Français semblent favorables à un vote du Parlement avant toute intervention...

En France lorsque l'on demande s'il faut ou non voter, la réponse est toujours oui. C'est naturel et instinctif.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne vont, ou ont voté. François Hollande va rencontrer, entre autres, David Cameron et Barack Obama en Russie à l'occasion du G20, cet événement international peut-il lui être bénéfique?

Les Français cherchent à comprendre pourquoi la France devrait s'investir. C'est tout l'enjeu politique pour François Hollande et son gouvernement. Or un G20, qui regroupe les grands pays décideurs du monde, c'est une occasion parfaite de se montrer rassurant en renvoyant l'image d'un président de la République qui contrôle la situation, mais qui peut aussi être à l'initiative d'une mise en mouvement mondiale.

En son temps, lors du G20 de Londres ou de l'intervention en Géorgie, Nicolas Sarkozy avait su en tirer bénéfice auprès de l'opinion.

La France et les Français sont sensibles au fait que nos valeurs puissent être motrices et engendrer un dynamisme mondial. Et cela ne peut être incarné que par un président de la République à l'aise parmi les grands de ce monde.

Propos recueillis par Samuel Auffray