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Hollande en Algérie : les enjeux d'une visite lourde de symboles

Le déplacement de François Hollande en Algérie soulève de nombreuses questions.

Le déplacement de François Hollande en Algérie soulève de nombreuses questions. - -

François Hollande se déplace pour la première fois en Algérie, mercredi et jeudi. Une visite pleine de symboles pour le président français, et pour le pays qui l’accueille.

François Hollande se rend en Algérie mercredi et jeudi pour un premier déplacement officiel dans le pays. Visite à l'université de Tlemen, au cimetière juif et chrétien de Bologhine, bain de foule dans le centre d'Alger, discours devant les sénateurs et députés : le programme est chargé, et les enjeux, nombreux.

• La mémoire. Une question "inévitable", a rappelé récemment le ministre algérien des Affaires étrangères. Ces derniers jours, une dizaine de partis politiques, dont quatre islamistes, ont dénoncé "le refus des autorités françaises de reconnaître, s'excuser et indemniser, matériellement et moralement, les crimes commis par la France coloniale en Algérie".

Mais du côté français, pas question de parler de repentance. "Il n'y a pas de volonté de repentance de la part du gouvernement français. Mais ça n'empêche pas, et ça vaut pour les deux rives de la Méditerranée, de regarder notre passé commun avec lucidité", explique le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif dans le JDD.

François Hollande et Abdelaziz Bouteflika sont d’accord pour ne pas s'apesantir sur le passé, souhaitant "une relation forte et dynamique" entre leurs pays. "Ce sera un voyage tourné vers l’avenir", a insisté Laurent Fabius sur RFI dimanche 16 décembre.

• L’économie. C’est la première fois que François Hollande part en déplacement à l’étranger avec des chefs d’entreprises. Parmi eux, Stéphane Richard, PDG de France Télécom, et Patrick Kron, PDG d’Alstom, qui vient de terminer le premier tramway du pays à Alger et en construit d’autres en ce moment.

Le grand absent de cette délégation de patrons sera Carlos Ghosn, le patron de Renault. Une absence remarquée, car le constructeur français va signer lors de cette visite un accord avec l’Etat algérien pour construire une usine, près d’Oran. Elle produira 75.000 véhicules par an.

De son côté, Total négocie une usine de vapocraquage d'éthane à Arzew, près d'Oran (430 km à l'ouest d'Alger) avec le groupe pétrolier public Sonatrach.

• La diplomatie. Les relations franco-algériennes sont tendues depuis des années, mais François Hollande arrive dans un pays qu’il connaît et affectionne: il y a fait un stage en 1978 alors qu’il était étudiant à l’ENA, et y est retourné régulièrement dans le cadre de ses responsabilités politiques.

Mais cela ne signifie pas forcément que les relations sont simples avec l’Algérie. Symbole de ces tensions, l’affaire du cadeau que le président doit offrir au président Bouteflika. François Hollande veut, avec ce présent, envoyer un signe de réconciliation. Mais l’affaire embarrasse les conseillers de François Hollande, qui ne trouvent pas le bon cadeau, celui qui n'embarrasserait personne.

Dernier joker pour François Hollande ? Le président sera accompagné de personnalités du monde culturel. Parmi elles, le réalisateur Djamel Bensalah, ou encore l'acteur Kad Merad.