BFMTV

Emmanuel Macron en Mauritanie puis au Nigeria

Le nouveau centre de conférences à Nouakchott, en Mauritanie.

Le nouveau centre de conférences à Nouakchott, en Mauritanie. - Ahmed OULD MOHAMED OULD ELHADJ / AFP

Le président Français est attendu à Nouakchott lundi midi pour un déjeuner avec les dirigeants africains qui participent au 31e sommet de l'Union africaine. Il doit ensuite se rendre mardi au Nigeria et passera la soirée au "Shrine" sur les traces du légendaire musicien Fela.

Emmanuel Macron participe comme il l'avait annoncé au 31e sommet de l'Union africaine, lundi. Il doit déjeuner en compagnie d'une quarantaine de chefs d'Etat africains à Nouakchott. La capitale mauritanienne est quadrillée par les forces de sécurité. Près du nouveau centre de conférence au milieu des dunes de sable, les hôtels affichent tous complet. Les questions sécuritaires devraient dominer les discussions de cette tournée africaine qui se déroulera du 2 au 4 juillet.

Cette réunion intervient alors que des soldats français de l'opération Barkhane ont été visés dimanche par une attaque "terroriste" à Gao, dans le nord malien. Cette attaque a fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils, selon les autorités maliennes. "Ces attaques doivent renforcer notre détermination à combattre le terrorisme pour assurer la sécurité des populations", a déclaré Mouhamadou Issoufou, président du Niger.

Une réunion des chefs d'Etat du G5 Sahel s'est tenue dimanche à Nouakchott en marge du sommet de l'UA, a indiqué une source diplomatique d'un pays membre de cette organisation régionale qui regroupe également la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad. Cette réunion était notamment destinée à préparer la rencontre prévue lundi à Nouakchott entre le président Macron et ses homologues du G5 en marge du sommet de l'UA.

L'UA en passe d'être réformée

Comme à chaque sommet, les dirigeants africains doivent se pencher sur les crises qui secouent le continent, notamment la guerre civile au Soudan du Sud ou le Sahara occidental, dont le drapeau flotte pour la première fois sur Nouakchott à l'occasion de ce sommet, avec celui des autres membres de l'UA. L'exode de centaines de milliers d'Africains, essentiellement vers l'Europe ne figure cependnat pas au programme officiel.

En fin de sommet, Emmanuel Macron parlera avec ses homologues du G5 Sahel de la lente montée en puissance de la force conjointe mise en place par cette organisation régionale siégeant à Nouakchott pour lutter contre les jihadistes. La France soutient ce projet, y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Mais sa mise en oeuvre est pour l'instant marquée par les problèmes de financement et les accusations de violations des droits de l'homme par les troupes de la force conjointe. Au sommet, Paul Kagame doit présenter un rapport sur une réforme institutionnelle de l'UA visant notamment à garantir l'autonomie financière de l'organisation. Le budget de l'UA provient à plus de 50% des bailleurs étrangers et ses programmes sont financés à 97% par les donateurs. Pour réduire cette dépendance, la réforme prévoit le prélèvement dans chaque pays d'une taxe de 0,2% sur les importations.

Dans les pas de la légende de l'Afro-beat, Fela

La création d'une zone de libre-échange (ZLEC), lancée le 21 mars à Kigali et qui pourrait représenter un marché de plus de 1,2 milliard de personnes en Afrique et la corruption, qui, selon l'ONU, fait perdre au continent 25% de ses richesses annuelles, devrait également être au cœur des discussions.

Mardi, le président français doit se rendre au Nigeria. Après avoir rencontré son homologue, Muhammadu Buhari, à Abuja, il se rendra à Lagos. Là, il visitera le Shrine, une boîte de nuit fondée à Lagos par l'emblématique musicien Fela Anikulapo Kuti. Emmanuel Macron connaît bien le pays pour y avoir été formé en tant que haut fonctionnaire à l'ambassade de France à Lagos, en 2004, soit sept ans après la mort de la légende de l'afro-beat, rappelle le Premium Times. Le sanctuaire Afrika, situé dans le quartier d'Ikeja a remplacé le club originel de celui qui était surnommé le "black president" et qui a brûlé en 1977. Mais pour des millions de fans, il fait toujours figure de sanctuaire.

David Namias et AFP