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Emmanuel Macron confirme l'inscription de la Corse dans la Constitution

Emmanuel Macron - Image illustration

Emmanuel Macron - Image illustration - Eric FEFERBERG / AFP

Le chef de l'Etat, dans un entretien à Corse-Matin, confirme que la principale annonce de sa première visite sur l'île en février 2018 est "toujours d'actualité".

Avant sa visite sur l'île jeudi, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté d'inscrire la Corse dans la Constitution, lors d'une interview publiée lundi matin dans Corse Matin. Le chef de l'Etat cherche à apaiser les tensions avant sa venue sur l'île pour la dernière étape de son tour de France engagé dans le cadre du grand débat. 

"Je tiens à souligner le caractère historique de cette décision, aucun de mes prédécesseurs n'avait pris un tel engagement (…). C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault.", a déclaré Emmanuel Macron.

En février 2018, lors de sa visite pour l'hommage au préfet Erignac, assassiné 20 ans auparavant, s'était déclaré "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution". Ce futur article 72-5, négocié dans le cadre de la future réforme constitutionnelle, prévoit d'entériner dans la Constitution le statut particulier de la collectivité de Corse et ouvre la voie à des "dérogations" dans un cadre prévu par une future loi organique.

Soutien au bilinguisme

Ce projet "a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il. Si Emmanuel Macron reconnaît que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu", il fait "entrer la Corse dans la Constitution, reconnaît sa singularité et ses spécificités, et suscite un consensus national qui rend possible cette évolution".

"Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il, soulignant "une grande avancée". 

Par ailleurs, le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutenait le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République". Il a cependant annoncé une concession pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale: le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale.

Malgré le ton conciliant d'Emmanuel Macron, le contexte reste toujours tendu en Corse. Le président autonomiste du conseil exécutif corse Gilles Simeoni et le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talomni ont d'ores et déjà annoncés qu'ils seront absents tandis qu'une opération "Isula Morta" (Ile morte) a été annoncée.

Benjamin Rieth avec AFP