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Emmanuel Macron annonce le lancement d'États généraux de la justice

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, le 21 mai 2021 à Paris

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, le 21 mai 2021 à Paris - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

Désormais, le président de la République souhaité que "le Garde des Sceaux rende compte chaque année au Parlement de la politique pénale du gouvernement."

L'Élysée annonce ce samedi, par voie de communiqué, que le président de la République Emmanuel Macron "a décidé de lancer les États Généraux de la Justice."

La décision a été confirmée après une rencontre vendredi avec Chantal Arens, première présidente de la Cour de Cassation, et François Molins, procureur général près la Cour de cassation survenue afin "d'échanger sur la situation de la justice dans notre pays, notamment au regard des préoccupations de nos concitoyens sur la sécurité".

"Il a, durant cet échange apaisé et constructif, rappelé son profond attachement au principe de la séparation des pouvoirs et au principe de l’indépendance de l’autorité judiciaire dont il est le garant", apprend-on encore. Emmanuel Macron a par ailleurs souhaité que "le Garde des Sceaux rende compte chaque année au Parlement de la politique pénale du gouvernement."

Procès en "laxisme"

François Molins, l'un des plus hauts magistrats français, s'était insurgé fin avril dans une interview au Monde contre le procès en "laxisme" fait selon lui à la justice, face à la polémique suscitée par la décision de déclarer pénalement irresponsable le meurtrier de la sexagénaire juive Sarah Halimi.

Le 19 mai, des dizaine de milliers de policiers avaient par ailleurs manifesté devant l'Assemblée nationale, en présence notamment du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de nombreux élus LR et RN, mais aussi d'élus de gauche, tels par exemple que la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ou l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

La critique de la justice était parmi les principaux mots d'ordre des syndicats policiers à cette occasion. Elle a été reprise à leur compte par le Rassemblement national et de nombreuses voix parmi les Républicains.

"On attend de voir ce qu'il y a derrière"

Le 25 mai, devant l'Assemblée nationale, le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti avait appelé à ne pas "opposer la justice et la police", alors que la préoccupation sécuritaire est, selon les sondages, parmi les principales inquiétudes des Français.

L'entourage du ministre a précisé samedi que les Etats généraux se dérouleront "sur plusieurs semaines à partir de la rentrée de septembre, et sans "autocensure". Tous les acteurs de la justice y seront conviés, "ainsi que les personnels pénitentiaires, les forces de sécurité intérieures et les citoyens.

"En tant que garant de l'institution judiciaire, il était temps qu'Emmanuel Macron ait une parole", juge en tous cas Cécile Mamelin, vice-présidente de l'USM, principal syndicat de magistrats. Et d'ajouter: "C'est une annonce. On attend de voir ce qu'il y a derrière. Ca doit inclure aussi la justice civile, qui est la justice du quotidien."

Les syndicats demandent du temps

Les principaux syndicats de magistrats "demandent au président de la République depuis plusieurs mois de se positionner pour que la séparation des pouvoirs soit respectée", a également rappelé Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche).

"Ce dont la justice a besoin", insiste-t-elle Dubreuil, "c'est d'arrêter les réformes incessantes, et de moyens".

Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, voit dans l'annonce présidentielle "plutôt une bonne chose". Son syndicat avait écrit le 12 mai à Emmanuel Macron, suite aux propos virulents envers la justice tenus par des policiers rassemblés devant l'Assemblée nationale, lui demandant "d'acter l'ouverture d'états généraux de l'administration pénitentiaire sous la responsabilité du garde des Sceaux."

Éviter le "pugilat"

Le 19 mai, des dizaines de milliers de policiers avaient par ailleurs manifesté devant l'Assemblée nationale, en présence notamment du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de nombreux élus LR et RN, mais aussi d'élus de gauche, tels par exemple la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ou l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

La critique des lenteurs et d'un laxisme supposé des juges était parmi les principaux mots d'ordre des syndicats policiers à cette occasion. Elle a été reprise à leur compte par le Rassemblement national et de nombreuses voix parmi les Républicains.

Les Etats généraux à venir seront "un paravent pour masquer l'absence de décision et pour sauver une justice gravement malade", a encore commenté samedi le député LR Eric Ciotti: "La justice n'a pas besoin d'être l'otage d'une campagne électorale mais a besoin d'actes".

"Ce que nous ne voulons pas, et on sera très vigilants sur ce point, c'est que ça puisse devenir un lieu de pugilat politique ou électoraliste" à l'approche de l'élection présidentielle de 2022, a souligné de son côté Jérôme Gavaudan, le président du Conseil national des barreaux (CNB), qui regroupe les 70.000 avocats français, tout en accueillant "favorablement" l'annonce présidentielle.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV