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Droit d'asile: Hollande face aux écologistes et à l'opposition 

Le président de la République François Hollande

Le président de la République François Hollande - YOAN VALAT - AFP

La France pourrait accueillir une partie des migrants secourus en mer Méditerranée "s'ils peuvent bénéficier du droit d'asile", a assuré Jean-Marie Le Guen sur BFMTV alors qu'une loi sera bientôt discutée par les Assemblées. Au grand dam de l'opposition quand les écologistes attendent un signal fort de François Hollande.

François Hollande est embarrassé par la question du droit d'asile. Quelle politique mener quand les morts s'accumulent en mer Méditerranée? A l'échelle européenne, un quart des 625.000 demandes d'asiles ont reçu un accueil favorable. Et en France? 15.000 réponses positives à 68.000 dossiers. "La politique française est basée sur le contrôle des flux migratoires, pas sur le sauvetage des vies", regrette la présidente d'Amnesty international France dans les colonnes du Parisien jeudi.

Un projet de loi à venir

La France pourrait accueillir une partie des migrants secourus en mer Méditerranée "s'ils peuvent bénéficier du droit d'asile" mais n'est pas favorable à une vague "d'immigration économique", a déclaré mercredi sur BFMTV Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement. "Ce n'est pas la politique de la France, ce n'est pas la politique des Européens", a-t-il dit.

Il a aussi souligné l'examen d'un projet de loi au parlement "qui réforme le droit d'asile de sorte à ce que celui-ci puisse être obtenu de façon plus rapide et qu'il n'y ait pas ce que nous constatons, c'est-à-dire beaucoup de gens dans une situation intermédiaire, qui prétendent bénéficier du droit d'asile alors qu'en fait ils n'en ont pas et qui restent sur le territoire national pendant des mois et sont dans l'incertitude de leurs droits; et ceux qui bénéficient réellement du droit d'asile ne sont pas accueillis comme il le faudrait".

Interrogé par France Inter sur un document très critique de la Cour des comptes au sujet du système de droit d'asile français, Manuel Valls a estimé que les délais de traitement des demandes "ont déjà diminué grâce aux réformes" et appelé à ce que la nouvelle loi soit adoptée "avant l'été, le plus rapidement possible".

Les écologistes veulent plus, l'UMP et le FN moins

Des propos qui n'ont pas suffit à éviter, outre humanitaires, les critiques politiques. Les écologistes réclament un élargissement des conditions du droit d'asile arguant du fait que nos voisins européens seraient plus ouverts, notamment envers les personnes qui nécessitent une protection internationale.

Et si le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir calme le jeu, dans la ligne choisie par François Hollande, en expliquant que la France prend sa part de demandeurs d'asile, le sujet est sensible. Car à l'opposé des alliés verts, l'UMP et le Front national guettent tout laxisme de l'exécutif. Les premiers demandent le retrait du texte évoqué par Jean-Marie Le Guen sur BFMTV quand les seconds répètent que "nous n'avons pas les moyens d'accueillir ces gens".

En attendant que le débat franco-français se poursuive, les dirigeants européens se réunissent aujourd'hui en sommet extraordinaire sur les migrants en Méditerranée. Au menu notamment, une opération militaire contre les trafiquants d'êtres humains alors que chacun préfèrent conserver sa souveraineté quand il est question d'immigration.