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Ces fidèles de François Hollande recasés à l'approche de la présidentielle

A dix de mois de la présidentielle, François Hollande récompense ses fidèles pour atténuer les dissensions internes. Si Emmanuel Macron pourrait semer le trouble dans la course à l'Élysée, le chef de l'État veut s'assurer de vrais soutiens.

En politique, la réciprocité n'est pas toujours respectée. Si Emmanuel Macron semble préparer le terrain pour la présidentielle, celui qui l'a lancé n'est nul autre que le chef d'État actuel. Pour autant, François Hollande conserve sa tactique et tente de se fortifier une réserve de soutiens indéfectibles en nommant des proches à des postes prestigieux. A l'approche de 2017, les "recasages", c'est maintenant.

Bernard Roman pressenti pour l'Arafer

Le président François Hollande "envisage de nommer" le député socialiste de Lille "Bernard Roman comme président de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières" (Arafer), le gendarme du rail, annonçait lundi l'Élysée dans un communiqué. Ne pouvant cumuler la direction de l’Arafer et son siège de député, Bernard Roman, devrait donc abandonner la première circonscription du Nord. Un siège qui pourrait intéresser le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, Patrick Kanner, à la recherche d’un mandat parlementaire. 

Philippe Mauguin vers l'Inra

Le chef de l'État a aussi fait savoir que Philippe Mauguin pourrait prendre la tête de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Cette nomination sera effective lorsque les deux commissions, du Senat et de l’Assemblée auront auditionné et validé le candidat. Les présidents des groupes LR et UDI de l’Assemblée et du Sénat dénoncent "un recasage politique inacceptable".

Un classique de fin de mandat

Dans le domaine du recasage, François Hollande ne se différencie guère de ses prédécesseurs. Il y a quelques mois, il avait, dans les mêmes conditions, proposé la promotion de François Brottes, député PS de l'Isère, à la présidence de RTE (réseau de transport d'électricité), rappelle Le Point. Pour éviter la tenue d'une élection législative partielle, le dénommé Brottes avait été nommé "parlementaire en mission" quelques mois auparavant. Ce subterfuge n'était pas non plus passé inaperçu.

Parachute dorée, poste de complaisance, la câlinothérapie hollandaise ne déroge pas à la tradition du "fait du prince". Nicolas Sarkozy, qui avait fait campagne en 2007 sur le thème de la République irréprochable, a placé lui aussi ses amis.

P. P.