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Affaire Benalla: comment l'Elysée sécurise ses téléphones portables

Raphaël Basset, vice-président marketing et innovation chez Ercom.

Raphaël Basset, vice-président marketing et innovation chez Ercom. - BFMTV

L'un des dirigeants de la société Ercom utilisée par l'Elysée explique sur BFMTV qu'effacer des SMS à distance comme Alexandre Benalla l'a laissé entendre n'est pas possible.

Effacer une partie des messages d'un téléphone comme celui qu'avait Alexandre Benalla n'est pas possible" a expliqué Raphaël Basset ce jeudi soir sur BFMTV, sauf "en supprimer son contenu intégral". L'homme en sait quelque chose, en tant que dirigeant de la société Ercom, fournisseur des logiciels de sécurisation des téléphones portables de l'Elysée.

Lors de son interrogatoire face aux juges le 5 octobre dernier, Alexandre Benalla a pourtant décrit une scène surprenante qui se serait déroulée lors de sa garde à vue au mois de juillet. Alors que celui-ci consultait son téléphone professionnel avec les policiers, l'ancien chargé de mission de l'Elysée dit avoir vu des messages s'effacer sous ses yeux, comme à distance.

L'intégralité du contenu du téléphone effaçable

Invité de BFMTV, le dirigeant d'Ercom est revenu sur le logiciel de chiffrage qu'il fournit pour les téléphones et autres moyens de communication de l'Elysée dans le but d'avoir des conversations inviolables.

"On vient mettre une petite carte SIM dans le terminal qui va permettre de gérer l'ensemble de la sécurité du terminal" détaille Raphaël Basset. "Et puis on fournit un serveur qui est installé chez nos clients, dans le cas présent à l'Elysée, et c'est depuis ce serveur qu'on peut ensuite administrer une flotte de terminaux qui sont déployés où le client le souhaite". L'un des terminaux pourrait être le téléphone professionnel d'Alexandre Benalla.
Raphaël Basset poursuit enfin: "Depuis le serveur central, il est donc possible d'effacer l'ensemble du contenu à distance. Pourquoi? Si vous perdez votre téléphone, si on vous le vole, vous souhaitez de préférence que personne ne puisse accéder au contenu".

En revanche, le dirigeant est formel. Il assure qu'effacer une partie du contenu, comme le laissait entendre Alexandre Benalla lors de sa garde à vue, n'est techniquement pas possible.

Jeanne Bulant