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Pour Jean-Luc Mélenchon, l'école privée crée une inégalité entre élèves

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle, était ce jeudi matin l'invité de L'Entretien d'embauche-Bourdin 2017 sur BFMTV et RMC.

Invité jeudi matin sur BFMTV et RMC, Jean-Luc Mélenchon a eu l'occasion de préciser ses engagements en matière d'éducation. Dans son programme, le candidat de La France insoumise veut mettre fin au financement de l'enseignement privé par l'Etat. "Ce n'est pas une affaire idéologique à séparer l'école laïque de l'école privée", commence Jean-Luc Mélenchon.

"Il y a d'abord un problème d'inégalité fondamental (...). Pour moi, le vrai problème dans ce pays, c'est plus l'enseignement commercial que l'enseignement religieux, catholique, confessionnel. C'est d'abord la situation d'inégalité inextricable que cela crée, parce que quand vous allez à l'enseignement privé, vous payez votre inscription, et puis vous recevez des moyens de l'Etat. Quand vous allez à l'enseignement public, vous recevez les moyens de l'Etat, et c'est tout", explique le candidat de La France insoumise.

Pour un enseignement professionnel 100% public

Quant à savoir si l'enseignement privé sera financé par l'Etat si Jean-Luc Mélenchon est élu président, "par nécessité, il le sera, puisque quand bien même on voudrait changer de position, il y faudrait du temps: on ne peut pas fermer toutes ces écoles privées en l'espace d'une décision d'arrivée".

Le candidat se dit aussi opposé aux écoles privées "pour l'enseignement des métiers": "Je ne permettrai plus que quand on rentre au Salon de l'éducation, on ait d'abord les boîtes privées, et les boîtes publiques qui sont gratuites derrière (...). Je défends la République et son école laïque, obligatoire et gratuite".

"Les parents ne sont pas satisfaits de l'école publique"

Jean-Luc Mélenchon reconnaît que les écoles privées "font du bon travail". Si elles connaissent un tel succès, admet-il encore, c'est "parce que les parents ne sont pas satisfaits de l'école publique. Ils trouvent que le travail n'y est pas fait comme ils le souhaiteraient, que la discipline n'y est pas ce qu'elle devrait être. La preuve que je veux faire, c'est qu'on est capable de remédier aux difficultés que rencontre l'école publique de manière à ce qu'elle redevienne totalement attractive, puisqu'elle est gratuite".

Le candidat veut toutefois rassurer quant à ses intentions: "Je ne suis pas partisan d'une quelconque guerre. Notre intérêt fondamental est que le niveau de nos jeunes gens soit le plus élevé possible. Ceux qui sont à l'école publique méritent d'être prioritaires dans les traitements de la République". Une façon de répondre aux inquiétudes de la présidente de l'Association de parents d'élèves de l'enseignement libre (Apel). Dans Le Figaro, Caroline Saliou est convaincue que le programme de Jean-Luc Mélenchon conduira à "rallumer la guerre scolaire entre le privé et le public (...). Je n’ai nul doute que les parents d’élèves descendront dans la rue si un tel projet était mis en place".

Jean-Luc Mélenchon promet d'abroger la réforme du collège, estimant que "l'autonomie des établissements, c'est valable pour un supermarché, pas pour une école". "Je ne suis pas d'accord pour que, d'un collège à l'autre, les chefs d'établissements puissent choisir jusqu'à 20% des horaires d'enseignement", précise-t-il. "Les programmes doivent être nationaux". Le candidat s'engage aussi au retour de la gratuité de la cantine et des activités périscolaires.

A.L.M.