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Pour Hamon, le projet de Macron est un "marche-pied" au FN

Jeudi soir, sur le plateau de France 2, le candidat socialiste à la présidentielle a adressé de nouvelles piques à son rival, alors que plusieurs figures du PS ont d'ores-et-déjà annoncé leur soutien au fondateur du mouvement En Marche!.

Il a enchaîné les tacles contre le candidat d'En Marche!. Invité jeudi soir de L'Emission politique, sur France 2, Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a estimé qu'Emmanuel Macron préparait "une France ingouvernable".

"Risque d'une majorité instable"

"La politique, ce n'est pas de la comédie. Comment Emmanuel Macron gouvernera demain en allant de Robert Hue à Alain Madelin", s'est interrogé Benoît Hamon, faisant référence aux ralliements très diversifiés dont bénéficie son rival.

"J'entends dire qu'il veut gouverner avec une majorité de gauche pour des projets de gauche, et une majorité différente, une majorité de droite, pour un projet de droite. Il nous prépare une France ingouvernable", a-t-il pronostiqué, jugeant que cela n'était "pas raisonnable de se préparer d'aller à l'élection présidentielle sans savoir avec qui on gouvernera".

"Nous avons besoin d'un chef d'Etat qui montre un cap et qui puisse faire confiance à sa majorité parlementaire et à son gouvernement. Pouvons-nous prendre le risque d'une majorité instable avec le Front national aux portes du pouvoir?", a insisté le député des Yvelines et ancien ministre de l'Education.

Le projet Macron, "marche-pied au FN"

Qualifiant "le projet d'Emmanuel Macron" de "marche-pied au Front national", Benoît Hamon a dit aussi se tenir à distance "de ceux qui dans une position messianique et christique pensent détenir la solution". "Je trouve cela très immature de sa part", a-t-il raillé.

Face à l'hémorragie en court au sein de la gauche et les nombreux ralliements de figures du PS à Emmanuel Macron, le camp Hamon a enclenché la contre-offensive dès mercredi. Les soutiens du candidat socialiste ont notamment accusé son rival de donner corps à "l'UMPS" fustigé par le FN. Jeudi, dans Le Monde, Benoît Hamon a lui-même estimé que le vote Macron pourrait être un "accélérateur" du vote Front national. 

En meeting près de Bordeaux jeudi, Emmanuel Macron a quant à lui considéré que le candidat du PS, pas plus que François Fillon ou Marine Le Pen, ne pourraient construire une majorité en mesure de gouverner. 

Adrienne Sigel, avec AFP