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Hamon à Wauquiez: "Vous avez fait des musulmans un fond de commerce électoral"

Benoît Hamon sur le plateau de France 2.

Benoît Hamon sur le plateau de France 2. - GABRIEL BOUYS - AFP

Invité de "L'émission politique", Benoît Hamon, candidat à la présidentielle désigné par la primaire à gauche, et Laurent Wauquiez, président "Les Républicains" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se sont opposés autour de la loi de 1905.

Benoît Hamon, candidat du parti socialiste (PS) et de ses alliés, était l'invité ce jeudi soir de "L'émission politique" de France 2. Dans le courant du programme, il a été amené à débattre avec un contradicteur issue des rangs du parti Les Républicains: le président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. Ce dernier a voulu revenir sur la polémique née après la diffusion d'un reportage sur un café de Sevran (Seine-saint-Denis) interdit aux femmes sur France 2, situation que Benoît Hamon avait rapproché de celle des "cafés ouvriers" quelques décennies auparavant. 

Le candidat du PS s'est expliqué: "Des groupes religieux testent la République. Je serai intransigeant avec ceux qui voudraient remettre en cause la liberté de conscience. Mais je suis aussi intransigeant à l’égard de celles et ceux qui voudraient remettre en cause la liberté d’opinion même religieuse."

La loi de 1905 sur la table

Benoît Hamon a poursuivi en rappelant les grands principes de la loi de 1905:

"La loi de 1905 garantit évidemment la séparation des églises et de l’Etat, la liberté de conscience, la liberté d’opinion religieuse. Elle permet et doit permettre à une jeune femme dans n’importe quel quartier de la République de se promener en étant habillée comme elle le souhaite sans qu’un religieux ou une religion lui dise : ‘Tu n’as pas à t’habiller comme ça’ car ce serait impudique. La loi de 1905 protège aussi celle qui porte un foulard librement le fait dans l’espace publique." 

Il a ensuite adressé cette pique à Laurent Wauquiez et à son camp: "Là où j’ai un désaccord avec vous, c’est qu’au fond, il apparaît aux yeux de la droite que le sexisme ne serait apparu que le jour où les musulmans sont apparus sur la terre de France."

Le patron du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes lui a alors reproché de s'être prononcé contre la loi interdisant le port de la burka. Le député élu dans les Yvelines a d'abord nié avoir désapprouvé la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public, il a fini par reconnaître plus tard dans l'émission avoir pris position contre elle, "comme le Parti socialiste, mais ça ne voulait pas dire que nous étions favorables à la burka".

"Vous avez fait des musulmans un fond de commerce électoral"

Toutefois, Benoît Hamon s'est montré très offensif face à son opposant:

"Je pense que monsieur Wauquiez, comme beaucoup d’autres, trouve que les musulmans sont biens quand ils ne sont pas musulmans. Excusez-moi, la loi de 1905 donne la possibilité à un catholique, à un juif, à un musulman, à celui qui ne croit pas, d’être respectés de la même manière." Il a porté l'accusation plus loin encore: "Vous remettez en cause par vos propos la loi de 1905 donc dites ici et assumez que vous allez abroger la loi de 1905!"

Pour le candidat à la présidentielle, c'est la ligne politique suivie par "Les Républicains" sur le thème de l'islam qui est fautive: "Vous avez fait des musulmans un fond de commerce électoral. Et je vous le reproche parce que vous appartenez à un parti qui s’appelle 'Les Républicains'. Je trouve qu’il y a une forme d’affaissement de la démocratie à vous voir (…) aujourd’hui sur les musulmans aussi obsédés là où il y a un sujet sérieux : l’islam radical."

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Benoît Hamon

Robin Verner