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Manuel Valls peut-il être exclu du PS?

Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon.

Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon. - GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

Le Parti socialiste semble prêt à prendre des sanctions radicales contre ceux qui soutiennent Emmanuel Macron. Y compris contre Manuel Valls, menacé d'exclusion ou de perdre son investiture, selon les dirigeants du PS que nous avons interrogés.

Même les plus fins connaisseurs des arcanes de Solférino s’y perdaient ces derniers mois. Alors que le PS menaçait de représailles les socialistes prêts à soutenir Emmanuel Macron, aucune sanction n’était prononcée. Mais ce temps-là pourrait bien être révolu. Depuis l’annonce ce mercredi par Manuel Valls de son vote pour le candidat d’En Marche!, le parti dirigé par Jean-Christophe Cambadélis semble prêt à agir.

Dans une lettre adressée le même jour aux militants, le premier secrétaire du PS prévient :

"Notre position est simple: Benoît Hamon est le candidat issu de la primaire, légitimé par une convention unanime du Parti socialiste. Ceux qui ont rejoint En Marche! ne sont donc plus au Parti socialiste. Il n’y a pas de double appartenance".

Les socialistes qui font défaut à Benoît Hamon sont-ils en passe d'être purement et simplement exclus? A la lecture des propos de Jean-Christophe Cambadélis, c'est ce que comprend la secrétaire nationale adjointe aux élections du PS, Frédérique Masson, contactée par BFMTV.com. "De même qu’ils ne pourront pas se présenter aux élections législatives sous l’étiquette PS", ajoute la jeune femme, elle-même candidate dans le Pas-de-Calais.

"C’est une déclaration claire, en phase avec nos statuts", salue également Razzy Hammadi, interrogé par nos soins sur le sens de la lettre du patron du PS. Le porte-parole du Parti socialiste se veut définitif à l’égard des dissidents de sa formation politique:

"Ils sont en marche avec Macron, ils sont donc en marge de notre collectif".

Valls privé d'investiture?

Mais le député de Seine-Saint-Denis précise qu’il ne faut pas attendre d’exclusions éclair. Le sujet sera abordé au Bureau national du parti, lundi, mais rien ne devrait intervenir avant la présidentielle, explique-t-il:

"On a des procédures pour les sanctions. Il faut convoquer une commission des conflits, ça prend du temps. Vous pensez bien qu’on ne va pas lancer ça dix jours avant le premier tour, on n’est pas idiots en terme d’impact médiatique".

D’éventuelles mesures seront donc prises en prévision des législatives. Un scrutin pour lequel les socialistes ralliés à Macron ne pourront plus utiliser l’étiquette PS. Y compris un ancien Premier ministre comme Manuel Valls, affirme Razzy Hammadi: "On peut clairement l’imaginer, et même le prévoir".

"Ça va être la Saint-Barthélémy"

Richard Ferrand, député PS devenu secrétaire général d’En Marche!, confirme à BFMTV.com les intentions de Solférino à l’égard des macronistes:

"Moi-même, je vais être désinvesti. Le PS tient une réunion le 2 ou le 3 avril pour retirer l’investiture à ceux qui sont dans mon cas".

Soit une trentaine de députés PS candidats à leur propre succession, selon l’élu du Finistère. "Ça va être la Saint-Barthélémy… ou la Saint-Jean-Christophe", ironise Richard Ferrand dans une allusion au massacre des protestants français décidé par le roi Charles IX au 16e siècle.

"Les règles d'En Marche! s'appliquent à tous"

Manuel Valls ne pourra pas compter pour autant sur un soutien automatique du mouvement d’Emmanuel Macron, précise notre interlocuteur:

"S’il veut être candidat aux législatives sous l’étiquette d’En Marche!, il faut qu’il dépose son dossier de candidature et c’est la commission d’investiture du mouvement qui en décidera. Et il faudra qu’il siège dans le futur groupe parlementaire. Nos règles s’appliquent à tous".

Et si l’ancien Premier ministre ne rejoint pas En Marche!, aura-t-il un candidat macroniste face à lui aux législatives? "Naturellement", répond Richard Ferrand.

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